*Sauvetage du trois-mâts Norvégien TRITON*

23 mars 1900

2 marins sauvés, 8 marins décédés

Patron de la corvette du pilotage: 
Gabriel Fourcroy
Armement
de la corvette N°2

Le sauvetage de l’ENIGHEDEN terminé, le capitaine Benoît me donna avis que deux naufragés avaient été recueillis le matin vers 2 heures par la corvette des pilotes N°2.

Dunkerque

Je me fis remorquer aussitôt dans la direction de cette corvette et arrivé le long du bord, je m’offris au patron Fourcroy de ramener à terre les deux naufragés qu’il avait recueillis le matin.

Il me répondit que ces deux hommes n’étant pas dans l’état d’être transbordés et qu’il était dans l’obligation de les conserver à bord de sa corvette.

Les deux naufragés dont il s’agit, appartenaient à l’équipage du trois-mâts norvégien TRITON qui a disparu (8 hommes noyés).

Lu dans la presse :

L’équipage du TRITON s’était attaché aux râteliers du bord, espérant que le navire continuerait à flotter; malheureusement, il coula à pic. Trois hommes parvinrent à se dégager et se hissèrent sur la toiture du roufle.

Les trois infortunés matelots, ballottés par les vagues qui les recouvraient à chaque inetant, glacés par le vent de la tempête, se cramponnaient désespérément à l’épave.

L’un d’eux, le plus âgé, au bout de quelques heures, se laissa glisser dans l’abîme, n’ayant plus la force de lutter contre les éléments déchaînés.

Les deux autres, de vigoureux jeunes hommes d’une vingtaine d’années, tinrent bon et furent enfin recueillis par la corvette dunkerquoise. Il était temps, les malheureux n’en pouvaient plus. Leurs jambes étaient paralysées et leurs mains étaient atrocement gonflées et crevassées.

L’un, en voulant monter dans le canot, roula sur le plat-bord et se blessa grièvement.

Après avoir reçu les soins empressés des matelots dunkerquois, les deux naufragés purent faire le récit de cette horrible scène.

Le trois-mâts norvégien TRITON, qui était commandé par le capitaine Olsen, jaugeait 883 tonneaux et était attaché au port de Tredenckstadt ; il se rendait de ce port à Swansea avec des poteaux de mine. Il était monté par dix hommes d’équipage. Les huit autres matelots ont dû succomber.

Le trois-mâts sera trouvé par des pêcheurs gravelinois et amené à la côte au Grand-Fort-Philippe

Sources
Annales de la Société Centrale de Sauvetage des Naufragés
Le Grand Echo du Nord de la France du 26 mars et 1er avril 1900