Sauvetage de la goélette paimpolaise GOELLO

31 mars 1902

Equipage sauvé

Armement du Hirondelle
Désiré Clippet

Mer d’Islande

Le matin l’HIRONDELLE rencontre le GOELLO qui a perdu son gouvernail et qui demande à être escorté jusqu’à Reykjavik, ce qui fut fait.

Arrivé au large de Fugles Kioer, il fait très mauvais, le GOELLO ne manœuvre plus et perd son gouvernail de fortune.

Le capitaine de l’HIRONDELLE fit alors tous les efforts possibles pour sauver le navire mais ce fut en vain.

Il fallut abandonner le navire et transborder l’équipage qui fut ramené à Reykjavik le 6 avril . Ils montèrent ensuite à bord du vapeur norvégien DIDO qui les débarqua au Shetland.

Rapport de mer déposé par le capitaine Ollivier :


Nous sommes arrivés en Islande le 5 mars et jusqu’au 31, nous ayons pêché dans le sud de l’ile avec temps variable.
Ce jour, à 5 heures du matin, une tempête d’est-sud-est s’est déclarée, pendant laquelle nous avons complètement perdu notre gouvernail qui s’est cassé net immédiatement derrière l’arrière du navire. Toute la journée, nous avons travaillé à installer un gouvernail de fortune au moyen de bailles et d’espars, notre pavillon étant mis en berne. Nous étions alors escorté par le navire HIRONDELLE, capitaine Clipet de Gravelines.
Nous avons enduré ainsi très difficilement jusqu’au 2 avril. Ce jour-là, nous avons viré de bord avec beaucoup de difficultés, mais notre appareil de fortune s’étant brisé, nous avons été contraints d’en installer un autre. Le soir, nous avons subi une très violente tempête près des récifs de Reikianes. Nous voyant. dans une position aussi critique, j’ai essayé de virer de bord, virer les focs et d’ amener la grande voile mais en dépit de toutes les manœuvres possibles, cela nous fut impossible
La neige tombait en tourbillons épais et toutes les manœuvres étaient gelées. Nous dérivions toujours sur les récifs de Rerkianes.

De nouveau, notre gouvernail de fortune se brisa. Il y avait beaucoup à craindre pour les hommes, la mer balayant continuellement le pont. De midi à une heure du matin, nous fûmes sans pouvoir prendre aucune nourriture. Mes hommes étaient tous glacés sur le pont à l’exception de mon petit mousse que j’avais obligé à rester dans la chambre.
Le 4 au matin, j’ai profité d’une embellie pour communiquer avec mon escorteur l’HIRONDELLE au moyen de bouées flottantes. A l’aide de celles-ci, il parvint à nous faire parvenir une remorque qui fut bientôt cassée par la grosse mer et le tangage.
Voyant ma position de plus en plus critique et après m’être concerté avec mon équipage et le capitaine escorteur, nous résolûmes d’abandonner mon navire et nous nous refugiâmes à bord de l’HIRONDELLE, n’ayant pu rien sauver comme matériel et vêtements.
l’HIRONDELLE fit alors route sur  Reykjavik, d’où nous sommes partis avec le vapeur charbonnier Dido, qui nous conduisit à Cardiff.

Source
Pécheur à Islande « du banc de prière au banc de misère » -Journal de Gravelines du 3 mai 1902