*Sauvetage de la goélette LABORIEUSE*

7 JUILLET  1902

Equipage sauvé

Armement de la Sainte-Espérance
Vandenbussche(Capitaine)
Armement de la Sainte-Eugénie
Boulogne (Capitaine)

Mer d’Islande

L’équipage de la goélette LABORIEUSE est sauvé par les armements des goélettes SAINTE ESPERANCE et SAINTE EUGENIE de Dunkerque qui étaient en opération de pêche dans le secteur.

Le matelot Charles Lavallée a été blessé au bras.

Cet échouage ne fait aucune victime.

Voici le rapport de mer du capitaine de la goélette LABORIEUSE armateur M Delpierre


Je soussigné Deroy, maître de pêche, commandant la LABORIEUSE du port de Dunkerque, jaugeant 68-54, armé de 16 hommes et 2 mousses tout compris, déclare être parti du port de Dunkerque à la remorque en dehors du port, le navire en bon état, tout agrès et apparaux de pêche à bord.
Jusqu’au 20 mars, du coup de mer que nous avons reçu, nous nous sommes aperçus que le navire faisait un peu d’eau, mais cela ne nous empêchait pas de faire notre pêche vu que le navire faisait 15 centimètres par 24 heures, la pompe franche matin midi et soir; dans le mauvais temps en faisait un peu plus mais toujours la pompe franche.
Jusqu’à cette époque du 7 juillet à 8 heures du matin,’ latitude. 66 et longitude 14’06 étant en pêche avec des vents de la partie ouest en brume. Tout à coup l’homme de cuisine vint me prévenir que le pic de devant était plein d’eau en allant tirer du charbon pour sa cuisine et je me suis assuré moi-même, en effet, aussitô.je fis armer les pompes doubles par tout l’équipage vu que nous ne pouvions pas franchir la pompe, avoir pris la-sonde et sondé la pompe, 1m 50 d’eau et l’eau gagnait toujours la pompe, le temps s’éclaircit j’aperçus la terre et deux navires L’ESPERANCE et SAINTE EUGENIE
Je fis mettre le pavillon en berne. Ayant laissé arriver sur nous; j’ai demandé secours. Nous avons mis les trois embarcations dehors, les capitaines étant venus à bord constater le navire, aussitôt avoir pris la remorque vers 10 heures du matin pour faire route pour la terre la plus proche avec toutes voiles dehors et toujours à la pompe, resté à la remorque environ une heure, le vent calme et plus moyen de faire route, fait débarquer le mousses et une partie de l’équipage et une partie d’effets, sauvé 4 hommes à mon service pour la pompe et moi à la barre pour gouverner le navire, qui était, à la remorque des autres capitaines qui voyant que le navire s’enfonçait m’ont prévenu de débarquer. J’ai embarqué mes quatre marins et moi le dernier et je me suis mis à environ 30 mètres avec l’embarcation 45 minutes après le navire coulait, . je me suis dirigé vers les navires, moi et les 4 hommes.
Notre pêche était de 180 tonnes de morues, à l’heure à laquelle le navire a coulé à 11h55 du matin

L’Espérance

Cette goélette construite en 1878 jaugeant 68 tonneaux appartenait à un armement du port de Dunkerque. Le 7 janvier 1899, suite à un accrochage avec le MARIE ANTOINETTE, le Capitaine du LABORIEUSE, craignant de couler, échoue son navire sur la plage de Surtainville. Le bateau sera renfloué plus tard par un remorqueur de l’État.

Laborieuse Construite à Paimpol en 1877 – Armateur Delpierre – Capitaine Deroy Joseph
Espérance Armement Goetghebeur, capitaine Vandenbussche
Sainte-Eugénie Armement. Dorine capitaine Boulogne

Sources
Le Grand Echo du Nord de la France du 23 JUILLET  1902
Données et crédit photo Jean-Pierre Mélis