*Sauvetage du SHIELDRAKE*

16 avril 1905

Equipage sauvé  20 personnes

Armement du vapeur Turenne
Armement du baliseur des Ponts-et-Chaussées
Armement du remorqueur Nord
Armement du remorqueur Armine
Armement du remorqueur Opposition

Dunkerque

Dimanche matin, un vapeur anglais, le SHIELDRAKE, était abordé dans la brume, au large de West-Inder, par un vapeur français le SAINT MATHIEU qui se rendait d’Anvers au Havre.

Crevé à tribord par l’étrave du SAINT MATHIEU*, qui entra dans sa salle de machines, le vapeur anglais ne tarda pas à s’enfoncer. L’équipage s’embarqua alors dans les canots qui furent mis au large…

Le vapeur français TURENNE a  remorqué à la côte ouest de Dunkerque le steamer anglais SHIELDRAKE rencontré à vingt milles dans le large de ce port, désemparé de sa machine à la suite à la voie d’eau qui envahissaient les soutes, la chaufferie et les machines.

L’équipage anglais, voyant que son navire ne coulait pas, remonta à bord.

Un peu plus tard, le baliseur des ponts et chaussées s’attela également au SHIELDRAKE et le remorqua de concert avec le TURENNE.

Le câble de remorque cassa bien avant d’arriver au port.

Trois remorqueurs dunkerquois, ARMINE, NORD, et OPPOSITION, alertés, décidèrent d’aller échouer le navire vers la plage de l’est.  Mais ce dernier coula brusquement à 500 mètres des jetées de Dunkerque.

L’équipage sauta à bord du remorqueur NORD sauf un marin.

Le navire, qui était coulé par l’arrière, a son avant qui émerge hors de l’eau. Lundi matin, les remorqueurs ont, de nouveau tenté de conduire le navire le long de la côte, mais tout a été impossible. L’eau a envahi toutes les cales, à l’exception de celle d’avant. C’est là qu’on a trouvé, couché dans le poste et dormant d’un profond sommeil, le matelot anglais qu’on avait supposé noyé…

 Pendant plusieurs jours, tout fut tenté pour empêcher le navire de couler complètement et on récupéra tout ce qui pouvait être sauvé de l’épave. Lundi matin, les remorqueurs ont, de nouveau tenté de conduire le navire le long de la côte, mais tout a été impossible.

Finalement, lorsque le mauvais temps réapparut, le Shieldrake se brisa par le milieu et disparut sous les flots. C’est à l’explosif que l’épave fut dégagée le 5 mai.

* Dans cette collision due au brouillard, le SAINT-MATHIEU put continuer sa route vers Anvers.

Des travaux sont entrepris pour éviter la perte totale du vapeur Les entrepreneurs dunkerquois proposent le renflouement à l’aide de 10 remorqueurs et du matériel de pompage had hoc Mais Londres oblige armateurs et assureurs à traiter avec une compagnie suédoise, Neptune , qui envoie le remorqueur Belllos Gros. Emoi de la société de remorquage qui voit mal une intrusion étrangère dans les eaux françaises. Le Bélos ne fera aucune tentative sérieuse pour renflouer le navire. L’épave sera dégradée lors de la construction de la nouvelle jetée est. Elle est redécouverte en 1956 et démantelée. Dans la cale , on y découvrit, entre autres, des peaux de bêtes encore en excellent état .(source DK épaves)

Le Shieldrake est un navire de cinq ans,  estimé 400.000 Fr. Sa cargaison, composée de caoutchouc, de savon, de sel. de soie de porc, etc., représente une somme d’environ 600.000 Fr.

Sources

Le Grand Echo du Nord de la France

DK épaves