Sauvetage de l’EUGENIE

1er janvier 1806

Equipage Sauvé

Patron de la corvette
André Versailles
Armement de la corvette
Nicolas Bommelaer et Joseph Neuts
Patron lamaneur
Babin

Dunkerque

La Corvette des pilotes côtiers était en station en rade. Ceux-ci eurent connaissance d’un brick venant de l’ouest et faisant route pour la rade de Dunkerque. Ils appareillèrent dans l’instant pour le joindre et lui donner un pilote.
Tandis qu’ils joignaient le navire, celui-ci s’échoua à la côte par le travers de Grande-Synthe

La Corvette des pilotes arrivée près du bâtiment ne peut l’accoster à cause de la basse mer et pour éviter de faire côte elle-même.

Devant l’impossibilité d’approcher de la Corvette, le capitaine du brick envoya sur-le-champ un canot vers la Corvette ; aussitôt deux pilotes, Nicolas Bommelaer et Joseph Neuts y montèrent avec pour  tâche de renflouer le bateau.

Arrivés à bord,   ils apprennent qu’ils sont sur l’EUGENIE  de 153 tonneaux, capitaine Bakker, venant de la Tremblade, à destination de Dunkerque.

La Corvette se plaça dans le nord-ouest du bateau à une distance d’environ 2 longueurs de câble. Ayant alors mouillé l’ ancre, on envoya à bord du bâtiment échoué, par le moyen du canot du navire,  le grelin de la Corvette pour tâcher d’effectuer le renflouement.

A l’approche de la marée montante, à 4h du soir, les pilotes , à bord de la corvette, se mirent en devoir de virer sur le grelin amarré à bord du brick.

A 5 heures le brick était à flot.

Les pilotes sondèrent à la pompe et trouvèrent beaucoup d’eau dans le bâtiment. Ayant fait armer les 2 pompes, ils firent pomper sans pouvoir arriver à un bon résultat.

Au même instant, le canot lamaneur, patron Barbin,  aborda le bâtiment. Ceci fut d’un grand secours pour l’équipage du navire qui, exténué de fatigue, ne pouvait  suffire à la manœuvre que l’on eût été forcé de faire de façon continuelle à la pompe sans pouvoir s’arrêter un seul instant.

Quelques minutes après que le patron Barbin fut à bord, il manifesta au pilote sa mauvaise volonté d’y rester   sous prétexte que le capitaine du navire ne voulait pas le payer. La corvette des pilotes restant constamment auprès du navire pour lui porter secours en cas de besoin, les pilotes alertent  André Versaille, chef des pilotes à la mer. Ce dernier ordonna au patron lamaneur de rester à bord du navire, attendu que celui-ci était en détresse et que si Barbin refusait, il porterait plainte contre lui.

 A 7h du soir, les vents de la partie ouest forcirent annonçant un mauvais temps de la partie nord. Étant beaucoup chargé avec la crainte d’un fort coup de vent sur cette partie, les pilotes décidèrent de faire route pour entrer dans le chenal du port pour sauver le navire et sa cargaison

Vers 8h du soir, ils sont entrés dans les premières balises lorsqu’ils firent carguer toutes les voiles. Etant  arrivés par le travers du fort Risban, ils mouillèrent une ancre et firent amarrer un grelin sur les  balises afin d’arrêter l’aire du navire et d’éviter de forcer sur la chaîne qui traverse le port. Arrivé à 50 brasses de la chaine le chef du poste de la chaîne héla le bâtiment. Joseph Noets pilote répondit par le porte-voix qu’il s’agissait du bateau EUGENIE qu’il avait relevé à la côte. Sans autre réponse de la part du chef de poste un coup de fusil parti dudit poste et tua le second capitaine du navire.

Le bas du rapport visé par les pilotes

Le lendemain un courrier fut adressé au maire pour demander la révocation des pilotes.

Courrier administration militaire au maire de la ville
Courrier administration militaire au maire de la ville Fin

NDLR Il y a divergence sur le nom du bateau mais nul doute qu’il s’agit du même sauvetage

Source
Centre de la Mémoire Urbaine de Dunkerque