-sauvetage du MARIA N°1166-

20 février 1907

1 personne sauvée – 3 morts

Armement FRENA
Constant Vincent Marteel

Jules Henri Marteel
Jacques François Verschaeve
Léon Emile Verschaeve

Ministre de la Marine
Gratification  de 10 Frs
Verschaeve J.F
Gratification de 5 Frs
Marteel C.V. –  Marteel J. H

 Verschaeve L.E.

Carte localisation estimée

Dunkerque

 Un terrible accident, s’est produit, cet après-midi, à proximité de la bouée 5, à l’ouest du port de Dunkerque. Une barque de pêche, la MARIA N°1166, naviguait dans la direction de Gravelines, quand elle a chaviré sous voiles.

Il était environ midi et demie. La mer était assez grosse, mais le vent n’était pas trop violent. La MARIA filait rapidement vers les lieux de pêche où elle devait prendre du «spratt» et naviguait sur «tribord-amure».

Voulant virer sur la droite, la barque se trouva « vent debout » et par une alofée trop forte, l’eau embarqua et le petit bateau chavira et se retourna quille en l’air jetant à la mer ses quatre hommes d’équipage. L’un d’eux Henri Louis Nowé, âgé de 39 ans, fut sauvé.

il nous fait le récit de cet affreux accident :

Lorsque je fus projeté à la mer, nous déclare Nowé, je m’efforçai de nager vers le bateau qui était complètement renversé et je pus m’accrocher à sa quille. Le mousse, Victor Defresne, s’était cramponné à moi et se tenait tant bien que mal sur mon dos. Peu à peu, la barque s’enfonçait et je soutenais toujours sur la partie qui émergeait.

Au bout de 20 minutes, la MARIA coula à pic et je fus obligé de lâcher le mousse pour ne pas me noyer moi-même.

Je nageai  alors désespérément et du bout des doigts déjà raidis, je réussis à saisir un aviron où pendant 45 minutes, je me suis accroché.

J’aperçus ainsi mon beau-frère, Julien Desmedt,  dont la tête seule dépassait de l’eau. Au bout d’un quart d’heure, il disparut. Le mousse resta à un moment à la surface et je ne le vis plus.

Enfin le lougre 1326  FRENA s’approcha de moi et son patron, Jacques Verschaeve  me hissa à bord à l’aide d’un filin enroulé autour de ma main sans force.

On me prodigua les meilleurs soins et on me ramena au port vers 3 heures.

Cet accident a produit une pénible émotion à la cale des pêcheurs où le numéro 1326 avait apporté la triste nouvelle.

Le lougre appartenait à Charles Louis Desfrennes qui, indisposé, n’est pas sorti aujourd’hui. Le matelot, Julien Desmedt, mon beau frère, âgé de 29 ans, les mousses Victor, 14 ans, et Emile Desfrennes fils de l’armateur alourdis par leurs effets et bottes de mer coulèrent à pic. Ils étaient tous trois de Ghyvelde.

Source
Centre de la mémoire Urbaine Nord-Maritime 20 février 1907
Le Grand Echo du Nord  de la France du 21 février 1907