Sauvetage des  DEUX-SOEURS

17 juin 1955

2 hommes sauvés

Patron  Canot  Sortie 1 et 2
Edouard Brunet
Mécanicien
Julien Creton
Canotiers
Jean Vérove Charles Lavallée
Gaston Bonheur Jean Lebègue
Sous-patron sortie 2
Alfred Vasseur
Canotiers sortie 2
Julien Creton Agneray
Albert Castien Charles Lemaire
Joseph Leprêtre Joseph Jonnekin

La SCSN attribue 
Prix du comte de Madre (4 000 frs)
Armement du Maurice Pinel
Médaille d’argent
A. Vasseur
Médaille De bronze
E. Brunet, J. Creton

Gravelines

A 12 h. 30, j’ai été prévenu par M. Charles Vérove que 2 barques venaient de s’échouer par forte prise de N.-E. et mer mauvaise en dedans des jetées, à l’endroit dangereux que nous, les pêcheurs, appelons « le cul-de-sac »  . En l’absence du patron et du mécanicien, je courus à l’abri en compagnie du canotier titulaire Creton et de 4 volontaires.

Sans perdre une minute, nous avons lancé le MAURICE PINEL et avons fait route vers les 2 barques : RAYMOND-ET-ROBERT (DK. 848) et DEUX-SOEURS (DK. 807). Leurs patrons nous ont fait savoir qu’ils allaient attendre le flot de 22 heures. Nous sommes alors retournés au quai et avons pris toutes dispositions pour la prochaine marée.

Vers 19 heures, le vent se mit à fraîchir et la mer à durcir. Le RAYMOND-ET-ROBERT patron Popieul réussit à se déséchouer par ses propres moyens. Mais les DEUX-SOEURS patron Coubel était bientôt couvert par les lames, ses deux occupants étant submergés et en grand danger.

Nous nous portâmes vers cette barque. Je fis mouiller à une bonne encablure au vent et à la marée et, culant sur notre ancre, je rapprochai l’arrière du MAURICE PINEL, suffisamment près des DEUX-SOEURS pour pouvoir lui lancer une ligne. L’un après l’autre, deux hommes s’y attachèrent, se jetèrent à l’eau et nous les tirâmes comme des marsouins.

Aussitôt qu’ils furent à notre bord, je fis lever l’ancre et le MAURICE PINEL fit route vers le quai. En chemin, chacun des canotiers donna un peu de son habillement : l’un, une chaussette, l’autre, son pull-over, un troisième, une chemise, avec un bon verre de rhum pour les mettre d’aplomb.

Un quart d’heure après, nous accostions le quai où leurs familles les attendaient. Elles nous remercièrent de notre prompte intervention.

Vers les 22 heures, les DEUX-SOEURS s’ouvrait en deux. Il n’en reste que la quille et l’étambot

Sources
Annales de la Société Centrale de Sauvetage des Naufragés  – SNSM Paris