Sauvetage du ROSE FLEET

29, 30 octobre 2, 4  et 5 novembre1956

Equipage sauvé

 Patron du canot
Auguste BrunetLouis Bossu 
Sous patron
Louis Bossu – Vincent Mazo – Pierre Horellou
Mécanicien
Maurice Renault
Canotiers :
Abel Lavallee, Julien Deboom ou  Debon, 
Andre Pitrel, Joseph Jonnekin
Roland Becuwe, Jean Becuwe, Georges Chretiennot
Gustave Dumont, Jean Benard, Roger Coopman
Armement du Trapu
Armement du Résolu

Dunkerque 

6 sorties en mer pour déséchouer le ROSE FLEET

Dans la nuit du 29 au 30 octobre, une tempête de nord d’une violence exceptionnelle a occasionné sur la côte de violents dégâts. (Une partie de la jetée s‘est détachée et un éboulement a causé une brèche d’une quinzaine de mètres dans le quai de la rive gauche au nord du phare. C’est dans ces circonstances que le petit charbonnier anglais ROSE FLEET (493 Tx, 15 hommes , armateur : Actison, allant de Dunkerque à Goole, son port d’attache, a été jeté sur la plage de Mardyck. Pendant une semaine les remorqueurs RESOLU et TRAPU de la Société de Remorquage et de Sauvetage du Nord, secondés par notre canot de sauvetage ont essayé sans succès et dans des circonstances de temps très pénibles, de déséchouer le charbonnier qui finalement a dû être abandonné.

29 octobre 1956

Vers 22 h. 30, nous étions alertés et, à 23 heures, nous prenions le large, rencontrant aussitôt un très gros temps de N.N.W. avec mer démontée. Nous nous sommes rendus auprès du ROSE FLEET mais, vers 2 heures, nous étions rappelés au port par phonie, le navire n’étant pas pour l’instant en danger immédiat. Retour à Dunkerque à 3 h. 30.

31 octobre

Le surlendemain, sur ordre du Commandant de Port, nous avons appareillé à 10 heures. Mer toujours forte, vent de N.N.E. force 6. Nous avons prêté la main aux remorqueurs. L’opération ayant échoué nous avons avec eux quitté les lieux après la pleine mer. Retour à 13 heures.

2 novembre

Les tentatives de déséchouage ayant repris, nous sommes sortis à 10 h. 30 par vent de N. force 7, mer grosse. Arrivés sur les lieux, 1 heure avant la pleine mer, nous avons réussi à passer la remorque au RESOLU qui n’aurait pu y parvenir seul, opération rendue difficile par la grosse mer déferlante avec creux de houle de 4 mètres. Grace aux qualités exceptionnelles de l’AMIRAL RONARC’H, la remorque était établie, quarante minutes avant la pleine mer. Elle devait casser et l’opération était remise au surlendemain.

4 novembre

Repris la mer de 11 h. 30 à 14 h. 30.

Mauvais temps de N.W., mer dure. La remorque que nous aidons à passer, casse à nouveau.

4 novembre

A 23 heures nous repartons vers Mardyck, le vent souffle du Nord force 3, la mer est houleuse et la nuit très obscure. De nos projecteurs, nous aidons les remorqueurs à retrouver l’orin sur lequel était fixé la remorque.

5 novembre

Le dernier essai s’est effectué le 5 midi. A 11 heures, la remorque était établie, mais elle cassa peu après. Retour à 13 h. 30. Au cours de ces six sorties, le canot a fait preuve de qualités remarquables

A plusieurs reprises l’ AMIRAL RONARC’H ayant été rempli par des paquets de mer se vidait instantanément par les puits d’ évacuation. Moteurs et radio ont parfaitement fonctionné. (1)

Quant aux équipages, ajoute le Commandant RAOUL, vice-président du comité de sauvetage et chef du pilotage de Dunkerque, il a été, comme à l’ordinaire, admirable de dévouement et de courage. Signalons que les frais de cette sortie pour laquelle, il est à présumer qu’aucune indemnité ne nous sera versée par les armateurs, se sont élevés a 41.500 francs.

(I) Le prix de l’épave du ROSE FLEET a été de 15.000 livres

FELICITATIONS DE LA MARINE MARCHANDE
A la suite des six sorties de sauvetage effectuées du 29 octobre au 5 novembre 1956, par l’Amiral-Ronarc’h pour tenter de secourir le caboteur britannique Rose-Fleet jeté à la cote de Mardyck par une tempête de Nord d’une violence exceptionnelle.
M. l’Administrateur en Chef de 1ère classe DEZIROT, Chef du quartier de Dunkerque, a adressé ses félicitations aux marins de l’armement du canot de sauvetage qui, lors de l’échouement du caboteur anglais ROSE-FLEET se sont depensés sans compter pour tenter d’arracher ce navire à sa situation périlleuse et pour assurer la sécurité de son équipage, donnant à cette occasion une nouvelle preuve de leur dévouement et de la solidarité qui unit les gens de mer.
A ces félicitations, M. l’Administrateur Général, Directeur au Havre, a joint les siennes (Ordre 219 du 28 décembre 1956). 

Source
Annales de la société centrale de sauvetage des naufragés – Archives de la station SNSM de Dunkerque
Fortunes de mer sur les bancs de Flandre par Jean-Luc Porhel