Sauvetage d’un trois-mâts russe KALINKA

20 janvier 1858

Equipage sauvé

Participant au sauvetage :
Charles Lavie

Dunkerque :

Par un gros temps, à cinq lieues au large des côtes de Hollande, Lavie rencontre le KALINKA trois-mâts russe de 350 tonneaux en détresse.

Il gouverne sur le navire et saute à bord. Il trouve un homme couché en travers du pont.

C’est le capitaine. Il est ivre-mort… Et lui seul connaissait la route !

Autour de lui, quelques matelots désespérés, perdus dans ces parages inconnus, et allant droit sur des écueils redoutables !

Lavie saisit la barre, et, suivi de son bateau de pêche, cet amiral d’aventure rentre au port d’Ostende avec sa flotte désemparée et sa glorieuse capture.

Selon un jounal d’Ostende

Vers quatre heures, le navire arrive à la cote à l’est d’Ostende, à quelques mètres de distance de l’estacade. Il parait que par suite du fort brouillard de ces derniers jours , désorienté  le KALINKA s’est trouvé engagé dans les bancs de Dunkerque où il a gagné une voie d’eau. Muni d’un pilote-pêcheur pris en mer à la hauteur de Dunkerque, d’un bateau dunkerquois, et malgré la bonne direction imprimée au navire, au moment de relâcher dans notre port, un dérangement du gouvernail l’a fait dévier de sa route et l’a jeté derrière le musoir.  Au moment de l’échouement la mer était très houleuse et les vagues déferlaient sur la plage avec une violence extrême.

Le pilote dunkerquois et quatre hommes de l’équipage du KALINKA  ont gagné la côte au moyen de leur propre canot — empressement qui eût pu leur coûter cher— et se sont trouvés dix fois sur le point de chavirer. Le restant de l’équipage, à l’exception du capitaine qui n’a pas voulu quitter son navire, a pu être recueilli par le canot de sauvetage n° 1, et amené à terre ferme.

Sources
Annales de la Société Centrale de Sauvetage des Naufragés
Œuvres dunkerquoise
Le moniteur universel du 25 janvier 1858