Sauvetage de l’ELY

1er février 1959

Equipage sauvé

Armement du Robuste
Albert Becuwe


Alors qu’il se rend d’Anvers à Tampico au Mexique, avec un chargement d’engrais ammoniacaux non dangereux, le navire est abordé en Mer du Nord, par le pétrolier libérien ANDREAS, qui recueille l’équipage et poursuit sa route vers Rotterdam.
L’ELY est pris par le travers bâbord de la cale quatre.

Alerté, le remorqueur JEAN BART, de la Société de Remorquage et de Sauvetage du Nord, commandé par le Capitaine Jean Clemenceau, quitte Boulogne-sur-Mer à dix neuf heures quinze. Après avoir rencontré vers vingt heures, quelques bancs de brume, le remorqueur parvient sur les lieux du drame, vers vingt deux heures quarante cinq.

Ce n’est que le lendemain, vers trois heures, que le JEAN BART découvre dans la brume le navire abandonné et le prend en remorque après avoir laissé à bord trois volontaires : Marcel Bruxelle, Paul Vandenabel et Constant Brunet.

A quatre heures dix, le convoi se met en route vers Boulogne, à la vitesse de quatre nœuds ; une heure plus tard, l’ELY signale trente centimètres d’eau dans la machine. Remorqueur et remorqué poursuivent leur route quand, à onze heures cinquante cinq, ordre est donné de se diriger vers Dunkerque : le tirant d’eau du navire ne permettant pas l’entrée au port de Boulogne. Sept heures plus tard, parvenus au Dyck, le pilote Jérôme Le Deist monte à bord du JEAN BART. Vers vingt heures vingt, le remorqueur ROBUSTE, sous le commandement du Capitaine Albert Becuwe, qui a appareillé de Dunkerque, rejoint le convoi et, peu avant minuit, l’ELY prépare ses ancres.

Dimanche 1er février, vers une heure quarante, le ROBUSTE établit une remorque. L’ELY mouille à deux heures cinquante; deux remorqueurs accostent le navire, à bord duquel montent le chef d’armement et l’expert du Loyd ; le JEAN BART gagne alors le quai des Monitors. Vers cinq heures trente, un équipage de secours monte à bord de l’ELY.

A neuf heures, pour des raisons inconnues, l’ELY chavire avec une grande rapidité et l’équipage n’a que le temps de se réfugier sur la coque.

A ce moment, le JEAN BART vire la chaîne et fait route sur le navire, les remorqueurs : ROBUSTE, COMPLAISANT, RESOLU, BELIER, DILIGENT et la PILOTINE appareillent.

Quelques minutes plus tard, le ROBUSTE accoste le premier et sauve les dix sept hommes debout sur la coque renversée.

Le cargo ELY

Né anglais en juin 1950, le THETIS passe sous pavillon costaricain en 1955 et prend le nom d’ELY. Le cargo, long de cent vingt trois mètres repose à cinq cents mètres environ au nord-est du musoir de la jetée de l’est ; complètement couché sur bâbord, il gît par des fonds de moins dix à moins onze mètres à basse mer.
Engageant la partie sud de la rade de Dunkerque, l’épave gêne la navigation; les travaux de son enlèvement commencent en octobre 1962 et sont terminés en janvier 1966.

Source
Fortunes de mer sur les bancs de Flandre Jean-Luc Porhel