Sauvetage trois-mâts français MARIA

28 février 1877

8 hommes sauvés


Patron de la corvette  : 
Antoine Pierre Constant Deman
Armement  de la corvette pilote N°2 
Jacques Joseph Bommelaer – Charles Henri Caeylers – François Jean Cordier – Pierre Joseph DelugnyAntoine Auguste Ficquet– Gouval – 

Louis Edouard Noedts – Frédéric Victor Pieters -Thomas Augustin Sion

Durée du sauvetage 3H00

Le ministère de la marine attribue
Médaille de 1e classe argent
Caeylers C.H  – Noedts LH
Médaille de 2e classe argent
Ficquet A.A
Témoignage de Satisfaction
Deman A.P.C.D – Sion T A – Cordier F.J – Pieters F V – Delugny P J – 

Dunkerque :

Lettre du 2 mars 1877 du Chef du Pilotage au Commissaire de la Marine 

J’ai l’honneur de vous faire connaître que l’ai reçu aujourd’hui un rapport du nommé Daman du Pilote n° 2 duquel il résulte que le 28 février, étant au mouillage sur rade à cause d’un coup de vent qui régnait alors au nord-ouest.

Il a aperçu de son bord vers 7 heures du soir un navire qui brûlait des torches ; prévoyant un navire en danger, malgré la grosse mer, il a viré ses chaînes, a appareillé er a louvoyé avec tous les ris dans les voiles pour se porter au secours du dit bâtiment.

Qu’il n’a pu s’approcher du navire que vers 11 heures, qu’il l’a trouvé échoué sur le Polder vers la bouée n° 6, que dans l’impossibilité de mettre son canot à l’eau, ou l’accoster avec son bateau, la mer étant furieuse, il a brûlé plusieurs torches pour signaler sa présence, que ne recevant aucune réponse ni par les signaux, ni par la voix, il a supposé que l’équipage avait pu se sauver à terre et que ne pouvant rester dans les brisants exposé à se mettre lui-même à la côte, il a fait route pour la rade où il a mouillé de nouveau.

Que vers cinq heures du matin, le ler mars, quoique le mauvais temps ne discontinuait pas, il a encore appareillé pour visiter le bâtiment.

Qu’en arrivant près de lui, il a aperçu sur le flanc du navire qui était chaviré sur un bord des signaux de détresse. Qu’après s’être approché autant que la mer le permettait, il a fait mettre un canot à la mer et a envoyé les pilotes Caeylers, Bommelaer, les matelots Ficquet, Noets et Gouval essayer de sauver les naufragés.

Que pendant que le canot recueillait les huit hommes de l’équipage, il manœuvrait pour aller au devant de l’embarcation surchargée et menacée d’être engloutie à chaque vague. Qu’enfin il réussit dans son opération.

Qu’aussitôt l’équipage à bord, tous les pilotes s’empressèrent de fournir aux naufragés, dont deux étaient blessés grièvement, les effets nécessaires pour se changer et les soins à ces hommes qui venaient de passer sur le flanc du navire presqu’entièrement submergé une nuit si horrible et qu’à la marée du jour il est rentré pour les débarquer.» 

Sources
Archives municipales de Dunkerque – Michel Dahaene « Drames en mer
Journal officiel de la République Française
Archives municipales de Dunkerque o.Delille 1901 (Bommelaer J)
Des Corvettes et des hommes Jacques Messiaen Editions Kim Dunkerque