Sauvetage d’un brick goélette allemand JOHANNA JUHL

26 mars 1879

7 hommes sauvés

Patron du canot :
Louis Noedts
Sous-patron :
Edouard  Flamein
Armement du canot :
François Baude – Jean Clayessen -Louis Demester –

Jérome Deuwel  – Arthur Fourmantin  –  
Jean Hendrycksen -Laurent  Moses – Jean Norbert   – 
Antoine Tanneron  – Engilbert Siren – Henri Weus  – 
Patron remorqueur :
Pierre Joseph Wadoux 

Armement du vapeur Gravelinois

Dunkerque :

Le canot de Dunkerque a repris la mer. Le sémaphore signalait un grand navire chaviré et l’équipage cramponné à l’épave. La marée était basse.

L’embarcation franchit la barre et fit route vers le nord à la recherche du bâtiment. Après avoir passé le Braeck-Bank, le canot aperçut le navire, se dirigea à la voile et à l’aviron et accosta sur les 10 heures.

Il n’y avait plus personne sur la coque. Le canot fit deux fois le tour de l’épave. C’était un brick couché sur tribord, les panneaux ouverts et le flanc de bâbord entièrement divisé. Les voiles étaient encore établies. N’apercevant personne le canot fit route vers le port. I

Il rencontra en rade le vapeur MOUCHE qui le prit à la remorque. L’équipage de ce brick fut recueilli par le vapeur GRAVELINOIS. Il se trouvait en ce moment à 6 milles de l’épave, dans une frêle embarcation. Ces malheureux étaient dans un état indescriptible ,exténués de faim et de froid, après avoir été livré pendant 30 h à la merci des flots.

Ce brick goélette, commandé par le capitaine Schilder, était chargé d’orge. 

Rapport de mer du capitaine Wadoux Pierre Joseph

Le 26 mars, vers midi et demi, je sortis du port de Gravelines, ayant en remorque la goélette FELICITE, je dirigeais ma route sur Dunkerque, les vents étaient de la partie est sud-est, brise passable, temps brumeux et à la neige, mer houleuse.

1h30 environ après mon départ, j’aperçus au large un petit point noir. A l’aide de mes jumelles, je reconnus une embarcation faisant des signaux de détresse, je mis la barre sur elle et ce n’est qu’après 1h de marche que je pus l’atteindre. Elle se trouvait à 8 milles dans le nord-ouest de Dunkerque. Cette embarcation au 3/4 submergée était monté par des hommes que je n’ai pu recueillir à mon bord qu’à grande peine. Parmi ces hommes plusieurs tombèrent sur le pont de mon navire, tant ils étaient exténués de froid, de fatigue et de besoin.

Le sauvetage accompli et tous les soins nécessaires prodigués aux hommes, je fis amarrer le canot avec mon plus fort grelin, mais la mer était si mauvaise que la remorque cassa et je me vis dans l’obligation d’abandonner l’embarcation à la dérive.

Dès mon arrivée à Dunkerque, je commandai une voiture et fis transporter à l’auberge les 7 hommes que je venais de sauver d’un péril imminent.

Le capitaine Pierre Wadoux commandant le remorqueur gravelinois

Source
Société Centrale de Sauvetage des Naufragés
Journal L’Autorité 27 mars 1879  et du 1er avril 1879