-Sauvetage de la goélette allemande NEPTUNE-

8 novembre 1880

11 hommes sauvés

Patron du canot :
Louis Edouard Noedts
Sous patron :
Charles-Pierre Lavie
Armement du Susan Gray :
François Louis Baude -Jean Jacques Edouard Claeyssen
Jules Pierre Louis Conqoeur -Louis Jean Demester –
Gabriel Fourcroy – Jean Charles Norbert
Jean Louis Alfred Proovost – Antoine François Tanneron
Engelbert Jean Siven
Patron du remorqueur :
Eugène Charet
Armement du Dunkerquois :

Eugène Charet Chevalier de la Couronne D’Allemagne

Société Centrale de Sauvetage des Naufragés
Médaille Or    

C. P. Lavie
Médaille Argent 1°   
L. J. Demester  – A. F. Tanneron 
Médaille Argent 2°  
J. J. E. Claeyssen  –  J. C. Norbert  –  E. J. Siven – F. L. Baude
Médaille Bronze   
J. L. P. Conqoeur  – G.  Fourcroy 


Ministre de la Marine
Médaille Or 2°    
L. J. Demester 
Médaille Argent 1° 
F. L. Baude  – G. Fourcroy – E. J. Siven
Médaille Argent 2° 
J. J. E. Claeyssen  – L.E. Noedts – J. C. Norbert – A. F. Tanneron 
Témoignage satisfaction  
J. L. P. Conqoeur  – J. L. Provoost  

Durée de la sortie 4H30

Dunkerque :

Le 8 novembre, vers 3 heures du matin, la goélette allemande NEPTUNE, s’approchant de l’entrée du port, est allée s’échouer sur la plage à environ 200 mètres à l’ouest de la jetée ouest.

Un canot lamaneur ayant signalé ce fait à 4 heures 15 au bureau des officiers du port, l’alarme fut aussitôt donnée par l’officier de service dans la population maritime.

A 5 heures du matin, le canot de sauvetage SUSAN GRAY, monté par dix hommes d’équipage, partait à l’aviron pour porter secours au navire naufragé. Mais bien que la mer fût déjà grosse, le capitaine allemand refusa les services du canot et ne voulut pas quitter son navire, espérant qu’il le renflouerait à la marée suivante.

Un remorqueur de la Chambre de commerce essaya en effet de renflouer la goélette dans l’après-midi du 8, mais tous les efforts furent inutiles. Le vent fraîchissait de plus en plus, il passait au nord-nord-ouest, la mer devenait très grosse. Le navire talonnait violemment, le mât de misaine tomba vers 3 heures, « un désastre était imminent ».

Heureusement, le sauvetage ne cessait pas de veiller depuis le matin et nos braves canotiers se trouvaient prêts à offrir de nouveau leurs services.

Le canot de sauvetage partit, à la remorque du DUNKERQUOIS, à 3 heures 10. Après une heure d’efforts au milieu des plus grands dangers, alors que les lames furieuses couvraient à chaque instant le pont du navire et menaçaient de briser le canot, nos canotiers ont réussi à recueillir, un par un, les onze hommes qui se trouvaient à bord.

Un des sauveteurs, Jean Claeyssen, faillit, au dernier moment périr victime de son dévouement : enlevé hors du canot de sauvetage par un coup de la chaîne d’ancrage du navire, il fut jeté en l’air mais retomba heureusement sur le pont de la goélette, ou plutôt dans l’eau qui couvrait ce pont.

En même temps, le canot de sauvetage, chargé des onze naufragés arrachés à une mort certaine, était emporté loin du navire. Le patron du canot voit Claeyssen sain et sauf, cramponné à la mâture, il n’hésite pas à l’abandonner provisoirement pour aller s’alléger à terre des onze naufragés qu’il porte, puis il revient, sous la remorque du Dunkerquois, chercher le canotier Claeyssen qui est sauvé après une demi-heure d’attente, à 6 heures du soir.

Toute la ville de Dunkerque applaudira au courage et au dévouement dont nos braves marins ont donné une nouvelle preuve dans cette circonstance. Le canot de sauvetage SUSAN GRAY faisait sa première sortie de naufrage : nos voisins de Margate apprendront avec satisfaction le service que le canot, offert par eux à la ville de Dunkerque, a rendu à l’humanité.

Les deux sorties étaient commandées par le pilote Noedts Louis, patron de service, et par le maître de pêche Lavie Charles, également patron du canot, mais n’étant pas de service et faisant volontairement fonctions de sous-patron.

Source
Annales de la Société Centrale de Sauvetage des Naufragés