Sauvetage du brick-goélette MABEL

11 août 1881

Équipage sauvé

Patron du canot :
Charles Pierre Lavie

Sous-Patron :
Jean François Hendrickxen
Armement du Susan Gray :
Auguste Bayet – Emile Fidèle Armand Claeyssen
Jules Pierre Louis Conqoeur –

Jérôme Gustave Deuwel 
Emile Victor Auguste Eeckmann -Auguste Pierre Huret
 Pierre Emile Marquette -Henri Jean Eugène Weus

Durée de la sortie 6H00

Société Centrale de Sauvetage des Naufragés
Témoignage de Satisfaction
Weus Henri Jean Eugène

Dunkerque

Dans la nuit du 11 au 12 août, le MABEL, brick-goélette de 464 tonneaux, qui était en partance de Dunkerque pour se rendre à New-York, fut assailli vers onze heures du soir par un coup de vent d’Ouest très violent et une mer très grosse qui brisèrent ses chaînes et le poussèrent vers la côte où il s’échoua à 1000 mètres environ du Casino des bains.

Immédiatement, le patron Lavie, chercha, malgré l’heure avancée, à rallier l’équipage du canot, il put, dans un temps relativement court, recruter un pilote, cinq matelots pilotes et trois matelots des feux flottants.

Jugeant cet équipage suffisant, il fit déborder vers une heure du matin.

Le vent était alors au nord-nord-ouest et la brise qui avait soufflé en tempête jusqu’à onze heures du soir, avait un peu mollie, mais la mer étant encore très grosse, le canot eut beaucoup de mal à sortir du port et à doubler l’estacade grâce à l’énergie des canotiers.

Lavie ayant aperçu à la sortie du port les feux du navire, il prit cette direction et arriva vers deux heures quinze minutes à portée de voix du MABEL.

Ayant offert ses services au capitaine, celui-ci le pria d’accoster.

Cette opération fut très difficile car quoique le navire fût échoué et qu’il y eût déjà une heure de baisse, il était couvert à chaque lame, et le canot fatiguait beaucoup le long du bord, il s’est rempli deux fois, et le patron Lavie, les matelots Bayet et Huret ont failli être emportés par les lames qui déferlaient sur le canot, ils ont dû leur salut aux filières et aux flotteurs, le courant de flot pouvait les drosser dans l’est et leur sauvetage eût été difficile.

A trois heures environ, le capitaine du MABEL s’est affalé dans le canot au moyen d’un bout de corde et avec l’aide des canotiers.

A cinq heures, le canot ralliant la terre accostait la cale des pêcheurs où le capitaine fut débarqué.

Cette périlleuse sortie témoigne une fois de plus du courage et du dévouement du brave patron Lavie, qui a été admirablement secondé par son équipage

Source
Annales de la Société Centrale de Sauvetage des Naufragés