-Sauvetage de la goélette INES-

19 novembre 1882

Un équipage sauvé

Patron du canot  :
Charles Lavie
Sous-patron :
Amand Shabanel
Armement du Susan Gray :

Melchior Bolleman – Elie Brandt – Jean Dekeyser
Jean Devos – Louis Kindt – Charles Lauwick

Charles Lefebvre – Jules Loyer -Louis Roussel
Alfred Rees – Thomas Sion – Henri Versaille
Armement du canot lamaneur
Commandant du remorqueur :
Antoine Wadoux
Armement du remorqueur  Progrès
Commandant du remorqueur :
Eugène Jules Pierre Charet
Armement du remorqueur Dunkerquois

Dunkerque

Le brick DEUX MARIE et la goélette INES par suite d’une forte brise de nord-nord-ouest, mer grosse, rompirent leurs chaînes, abordèrent la jetée.

Vers 5h, par un vent violent de ouest-nord-ouest, et une mer démontée, la goélette INES, capitaine Verne venant de Marans, tentait de rentrer au port. Près de la passe, le piton de la drosse du gouvernail casse. Ce navire n’a alors plus aucun moyen de se guider et poussé par le courant, il va se jeter sur l’extrémité de la jetée ouest.
Dans le choc, il brise son bout dehors, son beaupré et son mal de misaine. Flottant alors complètement au hasard, il est poussé par le vent vers la jetée et il y mouille. L’équipage composé de 6 hommes est sauvé par un canot lamaneur.

Le brick alla en dérive par le travers du Casino, la goélette à environ vingt mètres de la jetée est.

Le canot de sauvetage SUSAN GRAY, patron Lavie, mis à la mer, arriva vers cinq heures sur le lieu du sinistre et prêta son concours au remorqueur le PROGRES, capitaine Wadoux, et le DUNKERQUOIS, capitaine Charet, qui amenèrent au port les 6 hommes du brick.

Malgré un personnel réduit, Lavie patron du canot, décide d’embarquer le capitaine et les marins de l’INES pour les ramener à bord afin de tenter de sauver le bateau.

Une remorque fut passée avec le PROGRES qui fit route vers le port avec la goélette.

Rapport du commandant Charet

Je fis route à toute vitesse dans sa direction  et réussis à lui faire passer ma remorque non sans peine. Aussitôt amarré, je fis route vers le port. À ce moment, j’ai aperçu le remorqueur PROGRÈS ayant à sa remorque le canot de sauvetage SUZAN- GRAY commandé par le patron Lavie. Je  diminuai de vitesse et stoppai de manière à ce que le canot de sauvetage puisse accoster les DEUX MARIES pour transporter des hommes de renfort et y mettre un pilote. Ce transbordement n’était pas sans danger, vu la grosse mer et surtout de nuit. Lorsque le canot fut derrière le brick, je repris ma route vers le fort avec ce navire et le canot de sauvetage

Rapport du patron du canot Charles Lavie

Je larguai la remorque du PROGRES et j’accostai le navire non sans peine à cause de la grosse mer et de  la nuit. Je demandai au capitaine du brick s’il avait besoin de mes services, il me répondit que oui, le pilote Lefèvre embarqua comme pilote à bord du navire, le capitaine m’a dit qu’il n’avait plus d’ancre et me demanda si je pouvais lui donner quelques hommes de renfort, ayant son équipage fatigué, je lui donnai 6 hommes et le pilote Lefebvre. Nous fîmes route vers le port et je restai à la remorque du brick.

Source
Annales de la Société Centrale de Sauvetage des Naufragés
journal L’Autorité 23 novembre 1882