Sauvetage d’un trois-mâts norvégien ROSA

22 mars 1883

12 hommes secourus – 2 marins morts

Patron du remorqueur :
Eugène Jules Pierre Charet
Armement du remorqueur 
Patron du Blanche :
Louis Alfred Fiolet
Armement du lougre  

Localisation estimée

Ministre de la Marine
Témoignage Officiel de Satisfaction
Louis Alfred Fiolet

Dunkerque :

L’alerte est donnée par le sémaphore qui aperçoit à 10 milles dans le nord-ouest du poste un navire désemparé n’ayant plus que son mât d’artimon et sa brigantine en lambeaux et qui a monté dans les haubans un pavillon dont on ne distingue pas la couleur.

Le bateau feu Dick signale un bâtiment en détresse qui dérive lentement vers l’ouest.

Le trois-mâts Rosa se rendait à Fredericksdtat à Bristol. le 21 mars pendant une violente tempête, il talonne avec violence sur les abords de Dunkerque. Le capitaine aurait alors, fait couper une partie de la mâture pour alléger son navire. la position de l’équipage devient bientôt dangereuse, car le navire ne tarde pas à s’échouer. La mort se dressait menaçante devant eux. la nuit arrivée et les lames déferlaient avec violence sur le bateau.

Heureusement le lougre de pêche N°246 LA BLANCHE de Gravelines, qui tenait la mer de ce côté, aperçu les signaux de détresse et put se rapprocher. Au moyen d’un va-et-vient les 12 hommes purent débarquer et se rendre à bord du bateau de pêche. Le capitaine aurait alors refusé de quitter son navire et serait resté à bord avec un seul homme qui ne voulait pas abandonner son capitaine. malgré le refus de ce malheureux, le patron du bateau de pêche serait resté près de la Rosa, jusqu’au moment où par un malheureux hasard, la marque qui avait servi à établir le va-et-vient se cassa par suite d’une secousse et force fut au bateau de pêche de s’éloigner et de faire voile vers Gravelines ou il arriva le 22 mars après-midi avec 12 hommes du ROSA qui ont été sauvés du naufrage.

A neuf heures du soir, M Charet appareille pour aller à la recherche du trois-mâts norvégien ROSA, en détresse dans le Pas-de-Calais. Il le rencontre à quatre heures du matin sur le banc de Colbart.

Ce malheureux navire abandonné, démâté, sans gouvernail, flottait entre deux eaux.

Malgré la tempête, M. Charet parvint à faire passer sur cette épave quelques hommes de son bord et à la conduire à Boulogne d’où il envoie la dépêche suivante :    

Trouvé Rosa abandonné et démâté sans gouvernail, à 5h du matin nord-ouest du cap gris-nez à 8 milles. navire remorqué à Boulogne. entrée à midi. tempête de l’est. signé Charet 

Ce naufrage a donc fait 2 morts : le capitaine et le marin qui était resté avec lui.

Sources
Société centrale de sauvetage des naufragés