Sauvetage du trois-mâts anglais DUNCOW

24 novembre 1888

31 personnes sauvées


Durée de la sortie 7h00

Patron du canot 1ere sortie:
Joseph Napoléon Olivier
Sous-patron 1ere sortie :
Adolphe Jean Marie Eggrickx
Sous-patron 2e sortie :
Antoine Nicolas Labat
Armement du Dunkerque pour les deux sorties :
Nicolas Philippe Baillet(z) -Bateman – 
François Brandt -Léon Combe – Dewrel
François Fister -Goetghebeur-Hyppolyte Houvenaghel
Jean-Baptiste Houvenaghel -Louis Kindt – 
Charles Adolphe Lauwick – Lecarelier –
Eugene Lelostec – Loosen – Désiré Emile Loyer
Pierre Marquette – François Noedts
Louis Questroy –Joseph Taylor

Ministre de la Marine
Témoignage de  Satisfaction
N. C. Baillet –  A. J. M Eggrickx   – J. B. Houvenaghel
 C. A Lauwick   –  D. E. Loyer – J. N  Olivier   
Société Centrale de Sauvetage des Naufragés
Médaille d’argent de 2e classe
J. Olivier 
Un  diplôme d’honneur
P.  Baillet – F. Brandt   – L.  Combe – A. J. M. Eggrickx   –  H.  Houvenaghel  J. B. Houvenaghel  – L. Kindt –

C. A Lauwick  – D. E. Loyer  – F. L. V. Noedts – L questroy

Dunkerque

Le 24 novembre 1888 vers midi, le canon d’alarme signalait un navire en détresse.

Etant de service au poste des pilotes, je fis prévenir immédiatement le patron et le sous-patron du canot de sauvetage ; tous deux étant occupés et ne pouvant embarquer, je me rendis au canot avec l’autorisation du membre du comité délégué au matériel, pour en prendre le commandement.

Le canot étant armé, je pris à 12 heures 20 la remorque du remorqueur DUNKERQUOIS qui nous conduisit sur le lieu du sinistre. Il ventait en tempête de l’Ouest, la mer sur les bancs était affreuse.

Arrivé près du navire qui était le trois-mâts anglais DUNCOW commandé par le capitaine Large, mouillé à l’accore de Breed-Bank et donnant des coups de talon, je fis larguer la remorque, armer les avirons et nous arrivâmes le long du navire, je demandai au capitaine du navire naufragé s’il voulait embarquer avec son équipage sur le canot de sauvetage ; sur sa réponse affirmative et vu le mauvais état de la mer une partie de l’équipage n’a pu embarquer dans le canot qu’après une heure de travail le long du bord, ce dernier à chaque instant était couvert par la mer.

Je partis vers le remorqueur DUNKERQUOIS sauvant la première fois quatorze personnes, parmi lesquelles deux femmes et le fils du capitaine âgé de dix ans. La mer était tellement grosse qu’il me fut impossible d’embarquer les naufragés sur le remorqueur ; de concert avec le capitaine dudit remorqueur nous fîmes route vers la terre à seule fin de nous trouver entre le Breed-Bank et le Brack-Bank, à cet endroit la mer n’étant pas aussi grosse.

J’embarquai les personnes sauvées la première fois après de grandes difficultés et en faisant quelques avaries au canot. Le remorqueur nous conduisit de nouveau près du trois-mâts où je tentai le sauvetage des personnes restées à bord.

L’opération a réussi après près d’une heure de travail où nous avons de nouveau fait quelques avaries, chose qu’il fut impossible d’éviter tellement la mer était affreuse. Je fis donc embarquer le reste de l’équipage qui se composait de dix-sept hommes parmi lesquels le capitaine qui débarqua le dernier.

Je quittai le lieu du sinistre et me dirigeai vers le remorqueur où nous arrivâmes avec quelques difficultés, je pris la remorque du remorqueur, avec les trente hommes équipage compris, qui nous conduisit au port, pendant le trajet la mer déferlait sur le canot et à plusieurs reprises nous étions submergés ; nous arrivâmes au port vers quatre heures et demie où je débarquais les naufragés sains et saufs à la cale des pêcheurs.

En foi de quoi j’ai délivré le présent rapport et je n’ai eu qu’à me louer de la conduite et du courage qu’ont montrés les hommes composant l’équipage du canot, de sauvetage.

Le lendemain, 25 novembre, l’équipage et plusieurs hommes de corvée s’étaient rendus à bord du DUNCOW pour tenter de le renflouer, après une tentative infructueuse l’état de la mer inspirant des craintes pour le salut des hommes embarqués, le canot de sauvetage, sur l’ordre du capitaine de port, partit vers quatre heures à la remorque du RAPIDE et arriva au moment où tout le monde venait d’être transbordé à bord du remorqueur le DUNKERQUOIS.

Le canot rentra alors au port où il arriva vers sept heures du soir.

Sources
Société centrale de sauvetage des naufragés 1866 – 1939