Sauvetage du trois-mâts français GALATHEE

24 octobre 1894

25 personnes sauvées

Durée de la sortie 1h15

Patron du canot :
Charles Lauwick
Sous-patron :
Adolphe Jean Eggryckx
Armement du Suzan Gray:

Louis Brandt- Pierre Dumont –  Jean Eggrickx
Jean Luckx – Welby Henri Moore –

Jules TaylorHenri Taylor – Widhen
Patron du Remorqueur
André Evrard
Armement du Progrès

Société Centrale de Sauvetage Naufragés
Argent 1°
Lauwick C.A.
Argent 2°            
Brandt  L. -Eggrickx A.J.M.– Evrard C. -Widhen A.
 Diplôme d’Honneur
Dumont P. – Eggrickx J. -Luckx J.- Moore W.-Taylor H.- Taylor J.

Dunkerque :

Je soussigné Charles Lauwick, sous-patron du canot de sauvetage SUZAN GRAY, déclare qu’hier soir 24 octobre, vers 9 heures 1/2, ayant été prévenu qu’un navire mouillé sur rade était parti en dérive par perte de ses chaînes et faisait des signaux de détresse, je me rendis au siège du canot de sauvetage où je trouvai M. Debacker, membre du Comité, qui procédait à l’armement du canot.

Je me mis immédiatement à sa disposition pour mettre le canot en état et former un équipage. Je réunis neuf canotiers, avec lesquels je m’embarquai et me rendis près du remorqueur PROGRES, de la Chambre de commerce, qui, prévenu de l’accident, attendait sous pression dans l’avant-port.

Par suite de l’absence du patron titulaire, je pris le commandement du canot sur l’ordre de M. Debacker, et je désignai le canotier Adolphe Eggrickx comme sous-patron.

Le remorqueur PROGRES, capitaine Evrard, nous prit à la remorque et nous sortîmes du port à 10 heures. Le temps était mauvais et à grains, la nuit fort obscure. Il ventait grand frais Ouest et la mer était très agitée.

Le capitaine Evrard, qui connaissait la position du trois-mâts échoué, à un demi mille dans l’Est de la bouée lumineuse n°8, conduisit le canot, et par une manœuvre habile nous fit accoster à tribord du navire qui était échoué avec le cap à l’Est-Nord-Est. Je jetai mon grappin à bord, et l’accostage effectué, je fis descendre les naufragés au nombre de vingt-cinq qui trouvèrent difficilement place dans le canot ; l’équipage embarqué avec les papiers du bord, et une partie des instruments, je gouvernai pour quitter le navire et rejoindre le remorqueur.

Cette manœuvre se fit avec la plus grande difficulté à cause du courant violent qui nous drossait sur le navire échoué, et de la difficulté de border les avirons à cause de l’encombrement du canot. Nous pûmes cependant nous dégager et gagner le PROGRES. On rétablit la remorque et on fit route pour le port, en prenant la mer debout et le canot surchargé menaçant de chavirer. Nous entrâmes vers minuit tout le monde sauf, n’ayant d’autres avaries que la perte de la barre du gouvernail et la rupture d’un aviron pendant la manœuvre du débordement.

Je me plais à reconnaître que j’ai été parfaitement secondé par mon équipage qui a fait preuve de beaucoup de dévouement, grâce auquel l’opération a pu être promptement couronnée de succès. Le navire naufragé est la GALATHEE, trois-mâts de 1200 tonneaux, du port de Bordeaux, capitaine Augeron venant du Chili avec un chargement de nitrate.

Les canotiers exécutèrent ce sauvetage sans gilets de sauvetage restés bloqués dans un ocal fermé

Source
Annales de la Société Centrale de Sauvetage des Naufragés