Tentative de sauvetage sur le HENRI DANIEL

Mai 1894

3 hommes péris en mer

Armement du Henri Daniel
Vanhoutte, François -Louis
Coopman, François
Maerten, Philippe
Popieul, Jules

Le courage et la solidarité entre gens de mer n’est, malheureusement, pas toujours suffisante. Pour preuve cette fortune de mer subie par des Braydunois.

Le lougre de pêche (N°1071) HENRI DANIEL de Bray-Dunes, patron Vanhoutte, monté par sept hommes d’équipage, tous inscrits à Dunkerque, revenait, hier matin, à trois heures, de relever des cordes, au large. Le vent soufflait bon frais, et la mer était mauvaise.

Le bateau fatiguait beaucoup. Cependant un danger de naufrage ou d’accident était loin de la pensée de l’équipage, car quatre hommes étaient restés dans la cabine. Sur le pont, le patron Vanhoutte et les matelots, Marteel et Vanhille restaient à la manœuvre.

On était, à ce moment, sur le Snow-banck. Soudain, une lame de fond, une de ces lames furieuses qui trouvent dans les profondeurs sous marines leur force irrésistible de projection, s’abattit sur le bateau, balayant le pont et enlevant les trois hommes qui s’y trouvaient.
Sous cette poussée et cette trombe, le petit bâtiment craqua. De la cabine sortirent aussitôt les quatre hommes qui s’y étaient enfermés.

D’un coup d’œil, ils se rendirent compte de ce qu’il venait de se passer. Courageux, comme le sont tous nos pêcheurs, ils mirent tout en œuvre, firent tous leurs efforts pour porter secours à leurs infortunés camarades. Tant qu’ils purent, ils luttèrent mais, à la fin, le bateau, en grande partie submergé par l’eau, ils durent s’éloigner du lieu du sinistre.

Péniblement, ils gagnèrent la terre où ils apportèrent à Bray-Dunes la douloureuse nouvelle. François Charles Vanhoutte patron et armateur, 48 ans – Robert Marten  matelot 53 ans et François Vanhille matelot, 61 ans se noyèrent malgré les efforts de leurs camarades. Ils laissent plusieurs enfants.

Le lougre HENRI-DANIEL, qui jauge 7 tonneaux, a été construit récemment à Dunkerque, il a été lancé le 17 avril dernier, c’est-à -dire il y a un mois. Les hommes venaient donc d’être embarqués.
A Ghyvelde, la consternation est grande. Sur toute la côte, l’émotion ne sera pas moins vive.

Source
Centre de la Mémoire urbaine Presse locale