Sauvetage du Dupleix

17 septembre 1896

1 aéronaute sauvé

Commandant remorqueur
Jonnekindt
Armement du Dunkerquois

Dunkerque

Godard, l’aéronaute parisien, parti pendant une violente tempête, a été entraîné en pleine mer.

Il a été sauvé par le remorqueur DUNKERQUOIS à six milles au large. Son ballon est perdu, déchiré par les crocs des marins qui ont procédé à son sauvetage.


Je vous donnerai des détails sur cette émouvante ascension.

Je n’ai pu voir Godard que ce matin. Comme je vous l’ai télégraphié, Godard est parti par le ballon DUPLEIX, avec mauvais temps et malgré les conseils de M. Dumont, maire.

Poussé par la tempête, le DUPLEIX tomba à la mer et fut entraîné au large avec une vitesse de trente nœuds à l’heure.

L’aéronaute, une ceinture de sauvetage aux reins, allait l’abandonner, craignant que le ballon déjà crevé ne se déchirât complètement, lorsque le remorqueur DUNKERQUOIS, capitaine Joonekindt, qui lui donnait la chasse depuis plus d’une demi-heure, l’atteignit à environ six milles au large.

Godard fut recueilli à l’aide d’un canot du bord et le ballon, halé à l’aide de gaffes, fut remonté sur le pont du DUNKERQUOIS dans un état pitoyable.

Une partie des agrès est perdue.

Godard, qui avait fait une douzaine de plongeons avec sa nacelle, était trempé jusqu’aux os. Il monta à bord, refusa tout soin et n’accepta qu’un cigare que lui offrit le capitaine.

Le ballon est considéré comme perdu. L’aéronaute, remis de cette terrible alerte, se porte bien.

Sources 
L’Aéronaute : moniteur de la Société générale d’aérostation et d’automotion aériennes
Auteur : Société générale d’aérostation et d’automotion aériennes (France). Auteur du texte
Auteur : Société française de navigation aérienne. Auteur du texte
L’Eclair du 18 septembre selon le Petit Journal