Sauvetage du trois-mâts allemand EMMANUEL

14 octobre 1896

14 hommes et une femme sauvés

Durée de la sortie 4h

Patron du canot :
Charles Lauwick
Armement du canot  :  
Charles Bêle – Charles Bouteille
Edouard Hedel – Charles Jacob – 
Louis Kindt – François Noedts
Louis Questroy – Edouard Richard
Georges Robert – Jules Taylor
Julien Vandenbroucque
Armement du remorqueur Dunkerquois

Ministre  de la Marine
Médaille d’Argent 1e  classe
Lauwick C. A.
Société Centrale Sauvetage des Naufragés
prix Amiral Jacquinot
au  canot de Dunkerque valeur de 600 francs 
Médaille d’or Gonzague -Durand  de Beauregard
Lauwick C. A.
Médaille d’or
Lauwick C.A
Médaille d’Argent 1ere classe
Questroy L.
Médaille de Bronze
Hédel E.L. – Jacob C. – Kindt L. – Noedts F. L.V. – Robert G. -Taylor J.A. J.
Diplôme d’honneur
Bele C. – Bouteille C. L. – Richard E.- Vandenbroucque J.


Dunkerque :

Vers six heures du matin, le sémaphore lirait le canon d’alarme pour appeler les sauveteurs au canot de sauvetage, le trois mâts allemand EMMANUEL, mouillé sur rade, ayant ses chaînes rompues, venait de s’échouer à la côte et demandait du secours.

Le canot fut immédiatement armé avec des matelots des feux Flottants et des canotiers lamaneurs, et, à 6h15, je prenais la remorque du remorqueur DUNKERQUOIS, et nous fîmes route pour nous rendre sur le lieu du sinistre.

Le trois mâts était échoué à un mille dans Ouest-Nord-Ouest des jetées. Le vent soufflait en tempête du nord est battant en côte grains violents de pluie et vent (la mer très grosse et très mauvaise).

Je quittai le remorqueur par le travers du navire, et je me dirigeai sur lui à l’aviron. Je pus accoster sous le vent du navire avec beaucoup de difficultés, et j’embarquai l’équipage composé de 15 hommes dont une femme.

Ayant quitté le navire, je fis tous mes efforts pour gagner le large et rejoindre le remorqueur qui nous attendait. Mais la mer était tellement démontée dans les brisants de la côte, et ayant trois avirons de cassés, nous fûmes jetés à la côte à 200 mètres du navire. Nous pûmes débarquer heureusement les naufragés sains et saufs malgré la mer qui couvrait le canot à chaque instant.

A la basse mer, le temps s’étant amélioré, j’élongeai l’ancre du canot à longueur de câblot, et, à la marée montante, j’embarquais avec mon équipage. Avec beaucoup de peine nous réussîmes à franchir les brisants de la côte, et à prendre le large, où je pris la remorque du DUNKERQUOIS qui me conduisit au port, à 4 heures du soir, où je remisais le canot à son poste.

Pendant cette difficile opération, je n’ai eu qu’à me louer de la fermeté de mon équipage et des services que nous a rendus le remorqueur DUNKERQUOIS.

Médaille reçue par Louis Questroy

Source
Journal officiel de la République française