Sauvetage du brick norvégien HILDA

29 janvier 1897

8 personnes sauvées

Durée de la sortie 3h15

Patron du canot :
Joseph Arthur Evrard
Sous-patron :
Alfred Brunet
Armement du Clermont-Tonnerre  :
Jean-Pierre Joseph Agez – 

François Jean Baptiste Agez
Jean Baptiste Creton – Charles Dubuis – 
Jean Baptiste Fournier – Pierre Auguste Fournier –
Pierre François Leprêtre – 

François Louis Alfred Vasseur
Antoine Joseph Verove – Antoine Joseph Wadoux
Alfred Pierre Wadoux

Ministre de la Marine
Prix du baron de Joest 
Canot de Gravelines

Société Centrale Sauvetage des Naufragés
Jumelles
Evrard  J.A.
Médaille  Argent 2°
Brunet  A. J.. – Agez  F. J.b..
Agez  J.P.J. – Creton  J.B. – Dubuis  C.
Médaille de Bronze
 Fournier  J.B. –   Fournier  P.A. – Leprêtre  P.F. – Vasseur  F.L.A. –  Verove  A.J. –  Wadoux  A.P. – Wadoux  A. J.

Gravelines :

A la pointe du jour, ayant aperçu dans l’Ouest du port de Gravelines, à la hauteur du deuxième gros banc, presque en face de la commune d’Oye, un navire paraissant en détresse le CLERMONT TONNERRE, de la station de Gravelines, et en quinze minutes le bateau était sorti de son hangar et mis à la mer.

Sortis du port vers sept heures un quart du matin, nous avons lutté pendant près de deux heures à travers les brisants et contre le flot, avant d’arriver au navire en détresse que nous reconnûmes pour être un brick norvégien le HILDA capitaine Haspersen.

Il était chargé de charbon et coulait bas, ayant déjà deux mètres cinquante d’eau dans la cale. La mer était tellement démontée qu’il était impossible aux hommes d’équipage de mettre une embarcation à la mer, et leur position devenait à chaque instant plus critique, les lames balayant avec furie le pont du navire.

Après maints essais infructueux, nous avons mouillé au large de la côte et nous avons filé le câble pour venir accoster le navire. Mais la mer était si mauvaise, qu’un paquet de mer nous enleva et allait nous briser avec le bateau de sauvetage sur le navire naufragé, quand nous dûmes lâcher le câble qui fut perdu ainsi que notre ancre.

Cependant en faisant de nouveaux efforts et malgré la fatigue des hommes, nous sommes parvenus quelque temps après à accoster heureusement le HILDA et à recueillir à notre bord, le capitaine et les sept hommes d’équipage.

Dès que nous eûmes l’équipage naufragé à notre bord, la mer toujours démontée, le patron Evrard, ayant reconnu l’impossibilité absolue de regagner le port, décida qu’il fallait courir droit à la côte.

Vers dix heures et demie la manœuvre avait pleinement réussi et naufragés et sauveteurs, mettaient pied à terre.

Grâce à notre station de sauvetage et au courage des matelots du Clermont-Tonnerre qui firent bravement leur devoir, huit victimes venaient d’échapper à la mort

Source
Annales de la Société Centrale de Sauvetage des Naufragés