1908 le mousse courage

Il y a quelques semaines, nous avions à déplorer la perte du SAINT PIERRE petit bateau de pêche qui s’était brisé à sa sortie du port.

Vendredi, c’était le tour de de la REINE DES MERS, patron Jacquemet, brave et honnête pêcheur qui ne dut son salut et celui de ses hommes qu’à celle à laquelle il avait dédié son unique bien. Sorti vers 3 heures de notre avant-port, il fut, à la hauteur du sémaphore, lancé par un coup de vent d’est sur la jetée opposée et s’y brisa.

Il n’abandonna  lui et les siens, son bateau que quand il eut quelques pieds d’eau, et se maintint du mieux qu’il put à l’estacade.

Le petit mousse, Salembier, 12 ans, reçut ce jour- là le baptême du feu avec un courage qui aurait fait couler bien des larmes. Après avoir, comme ses compagnons, accepté les vêtements que leur apportait une brave femme de pêcheur, il ne voulut pas accepter l’offre que l’on lui faisait de retourner chez lui.

Il voulut rester avec eux sur place pour attendre dans l’espoir que la marâtre renverrait la carcasse de celui qu’elle avait dévoré et qu’il pourrait ainsi contribuer au sauvetage de quelques agrès de pêche.

Malheureusement, après toute une nuit d’attente, rien n’a été retrouvé ; le bateau s’est enfoncé de plus en plus ne laissant aucun espoir à ce pauvre pêcheur. Pour éviter de pareils malheurs, n’y aurait il pas un moyen quelconque pour arriver à combattre de pareils dangers.

Comme idée tout à fait personnelle, on pourrait y arriver en rendant l’emploi des remorqueurs accessible à la bourse du petit pêcheur.

La difficulté est d’y arriver. Agréez, etc. 

 Un armateur   

Source

Le Grand Echo du Nord de la France  1908 – Tribune libre