Madame Désirée Armante (Hermance)  Fernez

Epouse Hachin-Batelière

Au moins 19 sauvetages individuels minimum

Tableau des médailles Dame Hachin Collection Christian Laurent
Médailles de Dame Hachin Collection Christian Laurent
Médaille Dame Hachin Collection Christian Laurent

Hermance Hachin Collection Christian Laurent

Mme Hachin Batelière 1826-1914

Etat civil

Naissance                 24  décembre 1826 à Neuville

Décès                         9 août 1914 à Courbevoie (92)

Batelière de son état, Hermance Hachin est sûrement dans sa longue vie, passée par les canaux Dunkerquois.

Eut égard à son palmarès remarquable en terme de sauvetage et conjointement au fait qu’elle est, avec peu de doutes, la personne présente sur une carte postale intulée « Sauveteuse dunkerquoise »  elle mérite amplement  d’être citée au tableau d’honneur des sauveteurs dunkerquois.

Hermance sauvera d’une noyade certaine un enfant de neuf ans en sautant à l’eau à l’âge de 82 ans. A son fils qui lui en fera le reproche elle répondra « J’allais quand même pas le laisser se noyer »

La ville de Condé-sur-Escault demandera en vain la Légion d’Honneur pour cette femme d’exception.

Note :

La carte postale intitulée « sauveteuse dunkerquoise » m’a souvent été communiquée par les internautes. Dans un premier temps je pensais qu’elle représentait la seule femme connue du sauvetage dunkerquois en la personne d’Amélie Barenne. C’est cette carte qui nous permet aujourd’hui de découvrir le parcours d’Hermance Hachin

Données généalogiques

26/01/1850   Mariage avec César Hachin 1852-1921 à  Boussu (Belgique) dont

                Ovide Jules Cesar HACHIN 1876-1935/  mariage 17/02/1900, Puteaux (92), avec Marie Amelie ROUX 1880-1935

                Georges Oscar HACHIN 1878-1928/ Mariage le 14/10/1899, Paris 18ème, avec Alice Marie Angelique SOYER 1877-1928

09/11/1897   Décès de César Hachin

Décès                         9 août 1914 à Courbevoie (92)

Décorations

–  médaille d’argent  Sauveteurs du Nord (1876 et 1884)

– médaille d’argent de 1ere classe 23 aout 1884 – Ministère de l’intérieur

– médaille d’argent de 2e classe avant 1884 – Ministère de l’intérieur

–  médaille des Sauveteurs du Calaisis

–  médaille des Sauveteurs des Alpes-Maritimes

–  médaille d’or 2° classe des sauveteurs (1893) JO

–  médaille d’argent grand module (1888)

–  médaille d’Honneur pour acte de courage et de dévouement 1ère ou 2e classe argent

–  médaille d’or de 3e classe  Sauvetage d’un enfant (1904) JO

–  Prix Thellier de Poncheville (1888)

C’est l’analyse  de ses médailles et sa tenue vestimentaire qui ont permis d’identifier la carte postale comme étant bien la représentation d’Hermance Hachin. Les médailles correspondent à celles reçues par Hermance Hachin

La boucle de ceinturon est identifiée, par un spécialiste, comme étant type art nouveau.

Donc la photo est bien prise entre 1900 et 1910.

lDe plus le verso de la carte postale est divisée en 2 colonnes.

L’arrêté du 18 novembre 1903 autorise la division du dos de la carte postale en 2 colonnes

l’une pour la correspondance et l’autre pour l’adresse.

La photo de la carte postale peut toutefois avoir été prise auparavant.

Détail robe

 Sauvetages

1842

A Vaulx-lez-Tournai sur le bateau de son père elle st alors âgée de 17 ans quand elle sauve le treilleur* Henri Allegrain de la Plaigne tombé dans l’Escaut. Le tout pendant un tempête énorme. Hermance en est quitte pour une fluxion de poitrine qui la laisse alitée pendant  7 mois

Elle sauve par trois fois son propre fils de la noyade

1852

Antoing Sauvetage d’un petit garçon

1856

Gand Sauvetage d’une petite fille

1858

Audenarde Sauvetage d’un petit garçon

Péronne (Belgique) Sauvetage d’une petite fille

1862

Neuville Sauvetage d’une petite fille

1871

 Cambrai  sauvetage

1872

Masnières  Sauvetage d’un petit garçon

1873

Saint-Quentin, elle tire du canal une fillette de trois ans.

1875

A Paris elle sauve un enfant tombé dans le canal de la Villette.

1876

27 juillet  Sauvetage d’un enfant tombé dans l’Escaut

1878

Sauvetage du jeune Arthur Sapin à Condé-sur-Escaut

1884

23 août 2 fillettes de 9 et 11 ans jouaient près du garde-corps du canal. La petite Virginie Decout chuta de 3 à 4 mètres sans l’Escaut. Alertée par des cris Hermance se jette habillée et avec ses lunettes dans l’eau. Après avoir plongé plusieurs fois elle finit par remonter avec l’enfant sur son dos

1893

3 août   Sauvetage d’un enfant tombé dans l’Escaut

1894

Sauvetage d’un enfant

1908

 Sauvetage du jeune Arthur Sapin,

Toutes ses pérégrinations sur les rivières et les canaux du Nord de la France et de la Belgique ont été marquées par des actes d’héroïsme et de dévouement.  Un de ses fils suivra la lignée de sa mère et sauvera également bon nombre de personne

Article paru en 1907 dans le Petit Journal et repris par plusieurs autres périodiques
LE PANTHÉON DES HUMBLES
Mme HACHIN la doyenne des sauveteurs Il faut lui donner la Légion d’Honneur !!
Le 28 août dernier, un enfant de neuf ans, le petit Charles Damien, qui jouait sur la berge du fleuve, à Condé-sur-l’Escaut, tomba à l’eau. L’endroit où se produisit cet accident est des plus dangereux ; les rives en pierre sont à pic ; la rivière coule à environ deux mètres du sol, et l’homme le plus vigoureux, le nageur le plus expérimenté ne saurait y reprendre pied. Le gamin semblait perdu.
Pourtant, aux cris qu’avaient poussés ses camarades, une femme était accourue, une femme de quatre-vingt-deux ans et résolument, sans une seconde d’hésitation, elle s’était jetée dans le fleuve, au secours de l’enfant. Elle avait plongé et était parvenue à saisir le bambin, et alors, tout en le tenant, elle avait remonté le courant en nageant sur un espace de quinze mètres, jusqu’à un endroit où la berge plus basse pouvait lui permettre de sortir de l’eau avec celui qu’elle avait sauvé.
Cette femme héroïque s’appelle Mme Hachin. Ancienne batelière, elle vit modestement de ses petites rentes à Condé-sur – l’Escaut, au bord du fleuve qu’elle a tant parcouru naguère sur sa péniche.
Son sauvetage du mois d’août dernier est le quatorzième…/..
Le fait qu’une femme de quatre-vingt-deux ans se jette à l’eau et parvient à sauver un enfant dans des circonstances aussi difficiles et aussi dangereuses que celles rapportées plus haut, semblerait invraisemblable, mais les habitants de Condé, qui connaissent tous Mme Hachin, vous diront qu’ils n’en ont pas été surpris. Ils disent volontiers d’elle qu’elle est « bâtie à chaux et à sable » et qu’elle vivra cent ans. L’octogénaire, en effet, a gardé toute l’énergie, toute la force, toute l’activité de la jeunesse. Un de nos amis, qui alla la voir ces jours derniers, la trouva en train de faire son ménage, dans sa petite maison toute reluisante de cette éclatante propreté qui est la caractéristique des habitations septentrionales. Et comme il lui manifestait son étonnement qu’une femme de son âge se jetât ainsi à l’eau sans réfléchir au danger, sans penser que ses forces pourraient la trahir :
Oui, oui, répondit-elle, mon fils m’a déjà dit tout ça… Après mon sauvetage de 1899, il m’avait défendu de le faire. Mais qu’est-ce que vous voulez ?… Quand vous voyez quelqu’un filer au fond, vous ne pouvez pas rester là à le regarder, et vous sautez, c’estplus fort que vous…
Mme Hachin est déjà titulaire de plusieurs médailles de sauvetage, notamment de la médaille d’or.
Le conseil municipal de Condé-sur-l’Escaut a demandé pour elle au gouvernement la croix de la Légion d’Honneur.
Ce serait un hommage rendu non seulement à la doyenne des sauveteurs, mais encore à cette héroïque et laborieuse corporation des mariniers dont les actes de courage et de dévouement ne se comptent plus. Sur quelle poitrine la croix des braves pourrait-elle briller plus justement que sur la poitrine de cette femme de cœur qui, ayant quatorze fois risqué sa vie pour sauver son semblable, l’a quatorze fois méritée ?
Ndlr Les recherches effectuées sur la base Léonore (par patronyme, par commune de naissance) n’aboutissent à aucun résultat. La demande de Condé-sur-Escaut n’aurait pas eu de suite

Hermance Hachin sauveteuse
  • Treilleur haleur de bateaux. Ils tiraient les bateaux en suivant le chemin de halage, à l’aide d’une corde appelée la treille ou la teille.

Sources
Etat civil Archives départementales du Nord
Le Petit Journal du 19 juin 1865 **
L’univers du 7septembre 1844
BNF Gallica Société centrale de sauvetage des naufragés 1866 – 1939
Etat civil Archives départementales du Nord Acte 901- 1862
Le grand écho du Nord de la France du 13/09/1907
Généanet Généalogie Gérard Bollengier
*Crédit cartographique Christian Laurent