Gilette* GROUX

  • Son prénom officiel (Erreur état-civil). Dans la vie de tous les jours, elle était souvent appelée Ginette.

Citation à son petit-fils :  » Ne ferme pas les yeux devant des événements injustes ! « 

Née Dagniaux le 8 décembre 1914 – Malo-les-Bains
Décédée le 14 décembre 2007 – Bray-Dunes (Nord), à l’âge de 93 ans


Mariée le 7 mars 1931, Malo-les-Bains (Nord), avec Adolphe Ernest Groux

Mr et Mme Groux et leurs enfants

Mariée le – avec Robert Michaux

Bon sang ne saurait mentir
Elle est la petite fille d’Emile Rees

Emile Rees avec Ginette
On remarque la médaille Durand De Blois au premier plan

Légion d'Honneur Chevalier
Légion d’Honneur
Croix de guerre 39-45
Croix de guerre 39-45
avec citation
Médaille commémorative Dunkerque
Commémorative
Marine Dunkerque

Décorations

Décorations :

Légion d’Honneur,

Croix de Guerre, 2 citations

Courageuse jeune femme qui, du 10 mai au 3 juin 1940, combattant les incendies allumés par les bombes et secourant des blessés, a accompli de multiples actes de bravoure sur les appels de l’équipage du chasseur 9 gravement touché et contraint de s’échouer sur la plage ; s’est portée seule à son aide en pleine nuit sous les attaques aériennes permettant à ces marins, dont plusieurs étaient gravement blessés, de recevoir tous les soins nécessaires

Médaille de la Résistance

Citoyenne d’Honneur de la ville de Dunkerque

Médaille de la Famille Française

Citoyenne d’Honneur de la ville de Dunkerque

21 mai 1940 – Le Chasseur 9

Gilette Groux, âgée de 26 ans, est réfugiée dans la cave familiale quand elle entend le cri

« Au secours »

Alors que les avions allemands harcelaient les colonnes anglaises qui s’embarquaient à Malo, des cris « au secours » sont perçus par les occupants de l’abri de la villa Faidherbe, rue de Flandre à Malo.

Le silence était pesant, interrompu seulement par instant par le bruit  des moteurs d’avion qui par vagues d’assaut se succédaient dans les airs.

Soudain les cris répétés de AU SECOURS se font entendre à nouveau.

Ils  étaient si lugubres que sur les réfugiés de l’abri, une terreur nouvelle s’abattit mais personne ne semblait bouger.

On vit alors, chose effarante parmi tant d’hommes restés immobiles, une femme, Madame Groux, mère de famille de deux petits enfants, un garçon et une fille, et qui, en dépit des tentatives de son grand-père pour la retenir y va après avoir embrassé sa fille et son fils et les avoir confiés à une voisine avant de se frayer un passage pour se précipiter au dehors et se mettre à courir vers la plage malgré les obus.

Ginette et ses deux enfants

Elle voit devant elle un groupe lamentable de Cols Bleus de la Royale gisant dans un creux de sable. Parmi eux, un officier et des hommes épuisés, hirsutes, vêtements arrachés, certains couverts de sang et qui appellent dans la clarté de la nuit phosphorescente.

Les marins du chasseur 9
Le chasseur 9

« Venez, dit-elle, il y a des secours tout près ; venez  tout de suite pour ceux qui marchent,  on reviendra pour les autres » Quelques marins blessés la suivent, l’officier reste avec les autres.

Les valides aident quelques-uns de leurs compagnons à marcher. En courant ou traînant la jambe, le groupe arrive à l’abri et quelques instants après, on les entoure, on leur prodigue les premiers soins, mais il en reste d’autres là-bas, les plus gravement atteints.

Ginette Groult saisit alors deux brancards et s’élance à nouveau dans la nuit. Une demi-heure après, alors que les incendies sur Dunkerque et le port embrasent l’horizon, on la voit revenir aidant au transport d’un grand blessé sur une des civières.

Deux blessés couverts de sang transportent sur le 2ème brancard un camarade qui a les jambes brisées.

Le convoi descend dans l’abri mais elle repart une 3ème fois alors que les mitrailleuses éclatent soudain là-haut et que la canonnade reprend de plus belle. Cette fois, pris de remords un civil ou deux la suivent.

Et quand les obus à nouveau s’abattent sur le port en feu, les derniers rescapés de la plage arrivent à l’abri avec le commandant Le Templier fermant la marche chancelant livide blessé à la tête et à l’épaule. La loge de la concierge est transformée sur-le-champ en salle d’ambulance.

En voyant les hommes enfin à l’ abri, Ginette Groux, épuisée, se met dans un coin et, tremblante d’émotion contenue, pleure abondamment serrant contre elles ses deux enfants.

Entre-temps, Monsieur le docteur Flouquet a couru avec sa fille infirmière de la Croix Rouge pour visiter ces braves. Ils furent vite sur pied, l’un d’eux malheureusement expira au cours de la nuit et l’autre fut transporté plus tard à l’hôpital.

L’admiration du docteur fut à son comble lorsque le commandant arriva parmi ses hommes avec des habits civils, n’ayant conservé que sa casquette, et qu’il entendit ces braves marins qui fumaient et devisaient comme si rien d’extraordinaire ne s’était passé, dire alors à leur chef :

« Commandant, nous sommes prêts à faire ce que vous déciderez »

En quittant ces marins au cran admirable, le docteur dit à sa fille :

« Voilà des hommes qui viennent de traverser des heures et des heures dans un cycle infernal et qui sont prêts à recommencer, ce sont des héros !!! »

Le moment de surprise passé, personne ne fut étonné de l’acte héroïque de cette jeune femme, petite-fille du sauveteur bien connu Émile Rees.

Elle entretiendra une correspondance avec ces marins. Ci-dessous les échanges avec le commandant du chasseur 9.

LV LE TEMPLIER
Courrier reçu d un marin du chasseur 9
Commandant TEMPLIER

Le commandant Le Templier

Né le 6 novembre 1908 à Mortain (Manche)

Décédé le 24 avril 1993 à Versailles (Yvelines)


Commandeur de la Légion d’Honneur
Croix de Guerre avec palmes
Croix du Combattant
Médaille des blessés
Croix de Guerre Hollandaise

Située cimetière de Malo-les-Bains

Allée 25 Juste devant le château d’eau

La légion d’honneur n’est pas signalée

Sépulture de Ginette

Sources
Archives de la SCSN

Traditions école navale
Données familiales famille Toulouse

Données SDHA – Olivier Versmesch
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