1910 SAINTE-ALINE

Constructeur

Société Villeneuve
Type 
Canot en bois 
Dimensions
Long de 7,60 m et large de 2 m
1919 La SAINTE ALINE est condamnée est vendue.

Le baptême a lieu le dimanche 25 septembre 1910  devant l’église de Fort-Mardyck.

Petit Journal du 26 septembre

Aujourd’hui a eu lieu le baptême d’un nouveau canot de sauvetage de la Société Centrale de Sauvetage des Naufragés, portant le nom de Sainte-Aline. Le fait est assez fréquent ; mais ce qu’il est intéressant de signaler c’est que les fonds qui ont servi à construire ce canot, soit la somme de 10.000 francs, furent apportés, il y a quelques mois dans les bureaux de la Société Centrale, sous une enveloppe fermée, ne contenant, en outre de la dite somme, que ces simples mots : « Ci-joint la somme de dix mille francs pour construire un canot de sauvetage qui portera le nom d’un saint quelconque. »

Jumelle de la Sainte-Aline  La Sainte-Sophie de la station du Grau-du-Roi.

Sainte Aline baptême le 25 septembre 1910

Une foule considérable était accourue de tous côtés et se pressait, à 10 heures du matin, dans la coquette église. La société de gymnastique, la Saint-Martin de Dunkerque, avait bien voulu prêter son concours et les vaillants jeunes gens firent leur entrée dans l’église, tambours et clairons en tête, suivis des braves canotiers, et des membres du Comité de Sauvetage. Ceux-ci, avec le président Ghevrel, garde maritime, se placèrent dans le choeur, orné comme aux grands jours. A côté d’eux, on remarquait le drapeau de la Société de gymnastique, avec son escorte d’honneur ; le parrain, M. Pierre Bodo, fils du patron du canot et la marraine, Mlle Adrienne Deconinck, fille de M. le Maire et trésorier du Comité.

Après la messe on chanta le De Profundis pour tous les naufragés et l’on se rendit processionnellement vers la place où avait été amené le nouveau canot.

Il faisait vraiment bel effet, gréé et pavoisé, tout entouré d’oriflammes et de pavillons multicolores.

Après le chant de l’Ave Marie Stella, M. le Curé monta à bord du canot, où se trouvaient déjà réunis les hommes de l’équipage et expliqua brièvement le sens de la cérémonie. Il fit connaître les progrès réalisés dans la construction du nouveau canot, qui est absolument insubmersible et inchavirable : s’il porte le nom de SAINTE ALINE c’est pour répondre au désir de la donatrice.

Après avoir signalé, en s’appuyant sur les discours du vice-amiral Duperré, Président de la Société Centrale, la mission héroïque du marin sauveteur qui risque sa vie pour arracher à la mort des inconnus, il termina par ces nobles paroles, prononcées à la réunion annuelle du 1er janvier 1910, à Paris.

« Quand la tempête fait rage au-dehors, ayons une pensée pour les marins en péril de mort, pour les intrépides sauveteurs qui tentent de les arracher à l’abîme et prions Dieu qu’il les protège. »

Le nouveau canot fut ensuite béni intérieurement et extérieurement ; puis la Société de gymnastique reconduisit les sauveteurs et le canot jusqu’à la maison-abri.

Chacun se retira, emportant la meilleure impression de cette cérémonie.

NDLR Ce canot, dans l’état actuel des connaissances ne fit aucune sortie de sauvetage

Source
Annales de la Société Centrale de Sauvetage des Naufragés
LES AMIS DE FORT MARDYCK Conférence n°8 début novembre 2015 par Jacques Hondermack