21 décembre 1888

Thomas Joseph nait dans le hameau de Petit-Fort-Philippe. (Gravelines)

Ce hameau de Gravelines situé au bord de mer est juste à l’entrée des passes du port de  Gravelines, c’est donc dans un milieu où toutes les activités sont liées à la mer que Thomas vient au monde.

Ses parents sont Charles Marie Pierre et Marie Geneviève Wellecam. ­Ils sont  marin et pêcheuse. Le père est au cabotage jusqu’en 1884. Victime d’un accident, Charles   ne peut plus naviguer sur les bateaux d’importance. Sa femme devient cabaretière et il garde sa qualification de marin afin de pouvoir s’adonner  à la petite pêche.

Si l’on remonte la généalogie de Thomas, on s’aperçoit que ses ancêtres ( Patronymes, Lamour, Hars, Benard ) exerçaient des activités en relation  avec la mer.­

Thomas devait écouter les récits de Charles mais aussi des marins qui fréquentaient le cabaret de ses parents. Et comme tout enfant du bord de mer, ce milieu ne devait avoir aucun secret pour lui. Il a également, sans aucun doute, fait ses premières armes avec Charles, son père. Rêvait-il alors à de lointains à de lointains horizons ? On peut penser que cela était moins romantique et plus ambigüe. Sa voie est toute tracée, comme ses ancêtres et comme ses petits camarades, c’est sur la mer qu’il exercera son métier.

7 mai 1900        

Premier embarquement

 Alors que théoriquement l’école est obligatoire jusqu’à 13 ans, par besoins financiers de ses parents ou par envie de faire partie de ces mousses avec lesquels il peut discuter sur le port, Thomas à 11 ans et demi  devient le Mousse Thomas et embarque à la petite pêche.
Premier embarquement sur le bateau de pêche LA BELLINA puis embarquement sur  L’ACTIF.

Sauveteur à 11ans et demi

Thomas sauve le jeune Fournier en train de se noyer dans le chenal de Gravelines.. Il ne se doute pas qu’il vient d’entamer une longue liste de sauvetages….

Islandais

Février 1903

Déjà amariné, Thomas, âgé de 13 ans, avec un air sérieux, embarque comme mousse sur la PECHEUSE.

Comme ses futurs compagnons réunis avec les familles dans un estaminet,  il fait le « Fayus* » pendant lequel il s’amuse jusqu’au petit matin.
* foye huis Maison du banquet

Après la bénédiction donnée par le clergé,  les 111 goélettes islandaises au départ de Dunkerque comme LA PECHEUSE mettent le  cap au Nord!!­

Les familles sont massées sur les quais pour un au revoir qui pour certains sera un adieu !!

Tributaire de la force du vent, le navire mettait 10 à 20 jours pour atteindre les côtes islandaises et autant pour en revenir. Les goélettes étaient des bateaux lourds et puissants, elles étaient conçues pour résister aux assauts de la mer. Leur vitesse ne  dépassait pas les 8 noeuds.

Longue  de 27 à 30 mètres, avec un maître-bau (largeur maximale) de 6 à 7 mètres et un tirant d’eau imposé par la spécificité des fonds marins du dunkerquois  aux environs de 3,50 mètres.*

SCHNICKER? *

On avait de la bière dans des barriques. Elle n’était pas bonne (3°) mais en 4 mois, il n’y en avait plus dit Thomas. On avait des barriques d’eau. Quand on les ouvrait, il y avait une mousse blanche au-dessus. On  remuait l’eau pour en faire partir la mousse et  la mauvaise odeur.
* Boire en dunkerquois

La vie à bord

On apportait nos paillasses et notre couverture, l’équipage était logé dans le poste avant.*­ Le capitaine, son second et les deux lieutenants étaient logés à l’arrière et disposaient d’un peu plus de confort qu’une simple paillasse. Comme l’équipage était divisé entre bâbordais et tribordais ceux qui n’étaient pas pris par la navigation pouvaient se reposer et profiter de la bannette chaude. On était éclairé par une chandelle ou des lampes à huile alimentée en huile de foie de morue. Mais si le mot Glazu était crié, tout le monde se retrouvait sur le pont pour pêcher. Dans ces contrées où le soleil ne se couche quasiment jamais, les marins d’Islande pouvaient ainsi pêcher pendant 12 à 15 heures d’affilée.

* En qualité de mousse, Thomas dort à l’arrière près des officiers afin de les servir, préparer le café, entretenir le feu et préparer les hamecons.

STERMIN !!! *

Jamais de viande, pas de conserve, pas d’ animaux à bord.
Pour la cuisine, on n’avait ni beurre ni graisse. On prenait un morceau de foie de morue pour cuire. Un homme de  l’équipage était désigné toutes les semaines pour servir de cuisinier. On embarquait des pommes de terre pour 3 ou 4 mois. On n’avait pas le droit de manger la morue. On se contentait du cakestake**. La cuisson se faisait dans une grosse marmite en cuivre placée dans le poste équipage avant avec le feu. Les pommes de terres, placées dans un baquet rempli d’eau de mer, étaient lavées par un marin qui entrait en bottes dans le bac pour les remuer.­ Elles étaient  ensuite mises dans le chaudron avec les têtes de morue par dessus.­
* A table dans le jargon des Islandais
** Joue de morue en dunkerquois

« Ce n’était pas rigolo » nous dit Thomas.

   

Glazu !!!

On commençait à pêcher en arrivant au large d’Islande. On pêchait encargué en travers au vent et toujours du bord d’où venait le vent et en  suivant le poisson qui se déplaçait du sud vers le nord, attiré par le croisement des courants d’eau chaud et froid. Les lignes de 90 mètres (1 à 3 par pêcheur)   traînaient le long du bord. Au bout de la ligne, un vergandier  (barre de fer ) où on mettait une pelle  avec des hameçons.
Au début on n’avait pas de poisson, on appâtait avec du frau**. Le long de la lisse du garde-corps, on trouvait 25 à 27 mecques ***,  (25 ou 27 ) suivant le nombre de membres d’équipage. On affalait le plomb avec sa ligne et une fois dans l’eau, on « colmait »  – jouer à sa ligne pour appâter aussi bien le poisson en surface entre deux eaux ou dans les fonds.
Dès que la première morue était pêchée, on  l’ouvrait pour récupérer la pilogue **** que l’on ouvrait. C’est ce qui nous servait d’amorce pour les pêches suivantes. Le mousse, trop  faible, pour monter les grosses morues était en principe à côté du second du bord ou du capitaine qui l’aidait à remonter les trop grosses pièces.

* Ordre impératif  « Tout le monde sur le pont pour pêcher »
** Morceau de linge coupé en biais
*** Petit bout de bois ouvert pour laisser passer les lignes
****  estomac de la morue

Préparation de la morue

On faisait hohop c’est à dire qu’on coupait la tête de la morue. Les fleckeurs tranchaient la morue Les espoeleurs la lavaient dans une grande cuve.
Ensuite elle était mise dans les tonnes* avec du sel.
Ces tonnes étaient amarrées sur le pont en laissant un passage entre chaque rang pour pouvoir passer et pêcher.
Une fois les tonnes complétées et la morue bien tassée, les kantchs étaient descendus  dans la cale.
L’huile de foie de morue : Une fois la morue tranchée, on prenait le foie que l’on mettait dans une barrique. Une fois pleine, la barrique était fermée   et cela devenait de l’huile de foie de morue.

* Barrique destinée à recevoir la morue salée

Cap au E-S-E
Pendant le retour les mousses pêchaient des beutt*.
Certaines pièces de   80 kilos  avaient des crimpockokes**Ces poissons séchés étaient très appréciés par les marchandes de poissons quand on revenait au port,  que ce soit  le Wamche (avant du poisson) ou le Nekastake (la partie arrière du poisson).
* Beutt,  poisson plat, croisé de la limande et du carrelet en dunkerquois
** Coquillage qui parasite le  dos des gros poissons

Rémunération :

Avant  de partir, les marins touchaient une avance  basée sur la valeur du last*. Chaque capitaine  qui composait son équipage donnait entre 13 et 15 francs du last. Si la pêche n’avait pas donné les résultats escomptés par l’armateur, celui-ci pouvait réclamer le prix de la nourriture aux matelots.
Ainsi, après une campagne d’Islande, le futur beau-père de Thomas a dû rendre 19 sous à l’armateur après 6 mois de pêche !!!

Thomas estime avoir ramené une tonne de morues.
* équivaut à 14 tonnes de morues de 130 kilos

Ravitailllement

Au bout de trois mois, on entrait dans les baies d’Islande pour faire de l’eau douce dans les cours d’eau qui descendaient des montagnes et cela nous suffisait pour les trois mois restants. ­Dans les baies, on  profitait pour biniquer* avec les Islandais : pour avoir des mitaines, 2 biscuits  ou 4 biscuits pour un gilet.­ On profitait de ce moment pour remonter les kantchs** sur le pont afin de  relaver la morue.
* Troquer
** Barrique destinée à recevoir la morue salée

Retour et nouveau départ

Thomas, qui estime avoir péché une tonne à lui seul, à juste le temps de voir sa famille. Trois jours plus tard, il embarque  sur la VILLE DE BOULOGNE de la Compagnie des Bateaux à Vapeur du Nord  (CBVN) où en qualité de mousse, il jouera le maître d’hôtel pour les passagers.

Thomas est donc rentré de sa campagne Islandaise. 3 jours plus tard, il pose son sac sur un bateau de la Compagnie des bateaux à Vapeur du Nord.
Il me paraît utile de préciser ici que Thomas, à cette époque, est déjà titulaire du certificat d’études obtenu juste avant sa campagne islandaise.
Embarquements sur les bateaux de la  Compagnie des bateaux à Vapeur du Nord*. Thomas qui va avoir 15 ans
est passé de  mousse à novice en arrivant sur le  cargo SS** VILLE DE BOULOGNE ***
Thomas fait  également office de maître d’hôtel sur ce navire

* La Compagnie des Bateaux à Vapeur du Nord a été fondée en 1853 pour doter la France d’une ligne rapide vers Saint Petersbourg au départ de Dunkerque. Elle a tissé par la suite un réseau très développé de lignes maritimes reliant Dunkerque à la plupart des ports français et à l’Afrique du Nord avec une remarquable devise :
 « La régularité doit primer toutes les considérations.« 

* SS pour Steam Ship  désigne un bateau à vapeur
***  Lancé à Greenock en 1866 sous le nom de VANNINA, il devient en 1892  le VILLE DE BOULOGNE.
Le 19/04/1908,  Il s’échoue devant Dunkerque. Renfloué, il est jugé irréparable et démoli.

Thomas embarque comme novice et maître d’hôtel  sur le cargo SS  MARIE*.

* Cargo mis en service en 1873 sous le nom de ADA BATTERS, entré à la CB VN en 1880 et  coulé le 10.08.1916 au large de Barfleur par le sous-marin UB-18.

Cap-Hornier

1906 Le matelot Thomas embarque sur l’ATLANTIQUE*, 4 mâts de la maison Bordes. Ce bateau transportait du charbon à destination d’IQUIQUE au Chili et revenait chargé de salpêtre avec un équipage de 45 marins.
Chacun devait acheter son coffre pour le linge, ses couvertures, ses couverts et ses gamelles en fer blanc.


* L’ATLANTIQUE

4 mâts en acier contruit en 1897 aux Chantiers de la Loire.
Commandant en 1906 Capitaine GOUYET Second : Benjamin RIOU Lieutenant  Nicolas Guillou
1926 le navire est démoli après avoir une dernière fois franchi le Cap-Horn en 1925


Thomas nous rappelle

« A bord, chaque voile, chaque cordage, avait son nom. Il  n’y avait qu’une seule corde, celle de la cloche. Le reste c’était des bouts, filins, aussières. Elle était placée au-dessus de l’homme de barre qui sonnait de 2 coups chaque heure.
Ceci pour appeler toutes les 4 heures les bâbordais ou tribordais de quart. Même à quai, il n’y avait pas de journée de repos. Le dimanche c’était de 7h00 jusqu’à 18h00″ 

Les repas des cap-horniers

Au branlebas, c’était le petit déjeuner. avec le  Boujaron ** (4 cl d’eau de vie) et une gamelle de café avec des biscuits cassés dedans. Il n’y avait pas de table.
Laissons Thomas raconter ci-contre le repas ordinaire  à bord des cap-horniers :
Le dimanche, repas de fête avec du singe (viande en boîte) et un petit pain mais le soir retour au menu ordinaire avec, bien sûr, le quart de vin !

** la grosse inquiétude des matelots, c’est que celui qui leur servait le boujaron (c’est aussi le nom du récipient) ne mette pas son pouce dedans, sinon ils auraient été lésés du volume dudit pouce …

Service Militaire

Thomas  est appelé à accomplir  son service militaire. En toute logique c’est dans la Royale que cela va se passer. Pendant 48 mois, il sera  canonnier sur le cuirassé  Patrie

Premier sauvetage collectif

Thomas  se porte volontaire pour secourir sous les ordres du lieutenant de vaisseau Esteva les marins du Liberté avec le canot du Patrie.

Juillet 1914 Thomas est reçu capitaine  de la marine marchande.

Août 1914 Embarquement comme lieutenant sur le SS Président Leroy L’allier de la compagnie des bateaux à vapeur du Nord  (CBVN) réquisitionné par l’Etat Français
Evacuation des civils français et belges de Calais à La Pallice puis Transport  de munitions de Cherbourg à Dunkerque

Deuxième sauvetage individuel

17 octobre 1914 Thomas saute à l eau pour sauver un  soldat belge du Génie tombé à l’eau dans le bassin de Calais, étant embarqué sur le s/s  Président Leroy Lallier de la CBVN

Courant 1915 Embarquement sur le SS Cambrai de la CBVN pourle transport du macadam pour refaire les routes sur les fronts de guerre

 Troisième sauvetage individuel

Janvier 1916 – étant embarqué comme lieutenant sur le s/s  Cambrai de la C.B.V.N. Thomas saute à l’eau pour sauver le matelot Albert Hars, de Fort-Mardyck, tombé entre le bord et le quai, navire accostant, sur le point d’être écrasé. Il réussit à le remonter à temps. Port de St-Malo.Il reçoit une citation à l’ordre du régiment.
 Débarquement  du Cambrai pour blessure à la jambe 

Septembre 1916
Embarquement sur les remorqueurs de la Société Dunkerquoise de Remorquage et  Sauvetage en qualité de capitaine.    
1920 Thomas prend le commandement du  remorqueur HERCULE

Le 29 décembre, il sauve , avec ce remorqueur, l’équipage du QUEVILLY

20 mars

Sauvetage de l’équipage d’un bateau de la station de pilote avec trois personnes

Septembre 1925

Sauvetage de 5 personnes sur  un vapeur anglais naufragé sur  les bancs de Flandre

1926 Commandant  du remorqueur  FRANCE

27 novembre :  Sauvetage du pêcheur belge MAURICE 129

3 personnes sauvées avec le remorqueur FRANCE

21 janvier 1927 lettre de félicitations :

Direction de l’Inscription Maritime Havre adresse ses félicitations à M. Salomont, capitaine de la Marine Marchande, Gravelines N° 191, capitaine du remorqueur « France » du port de Dunkerque pour Le dévouement et l’initiative secourable dont il fit preuve dans les circonstances suivantes : le 27 novembre 1926, par un temps brumeux, s’est porté au secours du bateau de pêche belge et a réussi à recueillir l’équipage de ce bateau qui fut recouvert d’eau quelques instants après.

Août 1928 Thomas sauve un marin anglais tombé à l’eau dans le bassin de Dunkerque

Lettre de félicitation  du ministère de la marine

1929 Thomas devient commandant du TRAPU

sauvetage du remorqueur DOGUE –  3 personnes sauvées

Sauvetages individuels

1932
Avril    Thomas sauve un marin étranger tombé à l’eau dans le bassin de Dunkerque
Juillet Thomas sauve un enfant tombé à l’eau dans le bassin de Dunkerque
23 Novembre Sauvetage de l’équipage du  pêcheur belge 012 Patron Kroothoopls matelots Willaert J. et Deceunynck (Fiche en cours)

13 décembre 1933   Naufrage du Dyck
A 9 heures du soir, le remorqueur TRAPU commandé par Thomas , sortait de Dunkerque, malgré la tempête par une température de  -19°. La mer était déchaînée et le bateau n’ayant pu découvrir le DYCK  devait, non sans difficultés, rallier le port.

Avril 1937  sauvetage des 4 occupants du  moteur hollandais « Irène » extrémité jetée ouest  (Fiche en cours)

8 Août 1937
Sauvetage de la malle belge PRINCESS MARIE JOSEPH  1er voyage 180 à 200 personnes, 2e voyage 165 personnes
Le ministre des Travaux publics adresse ses félicitations Il prie de transmettre à M. Desmet, chef de service, et à M. Salomont, capitaine du remorqueur TRAPU de la Société Dunkerquoise de Remorquage et de Sauvetage, l’expression de sa satisfaction pour les intelligentes et promptes initiatives qu’ils ont su prendre au cours de l’accident et qui ont contribué à en limiter les conséquences au strict minimum.
Lettre du Vice-Consul de Grande Bretagne
Cher Monsieur Salomont, j’ai l’honneur et le grand plaisir de vous informer que je suis chargé par le Consul de sa Majesté Britannique à Lille, Consul Superintendant pour le Nord de la France de vous transmettre, de la part de Monsieur le Ministre des Affaires Étrangères de Sa Majesté Britannique, l’expression des vifs remerciements et d’appréciation du Gouvernement de Sa Majesté pour l’empressement et pour les concours dévoués dont vous avez fait preuve lors de la collision survenue en rade de Dunkerque, le 8 août dernier, à la malle  Princesse Marie José Votre prompte action sur les lieux du sinistre, et les manœuvres que vous avez accomplies font preuve de vos grandes qualités de marin. Je me joins à ces félicitations et vous prie d’agréer M. Salomont, l’assurance de mes sentiments très distingués …

Drôle de guerre, Bataille de Dunkerque, Dynamo


1er décembre 1939 
Sauvetage du Floride  – 22 personnes sauvées

1940

26 mai Sauvetage du SAINTE CAMILLE 23 personnes sauvées

28 mai Sauvetage d’un soldat trouvé sur l’épave du FLORIDE

29 mai Sauvetage du Grenade  – 80 personnes sauvées  (Estimation)

30 mai  Sauvetage de destroyers – 1 personne sauvée

 11 octobre  1947  Sauvetage de deux hommes

18 avril 1951  Sauvetage d’un enfant

Parents de Thomas
On remarque que sur cette photo Charles a la main gantée. Ayant eu la main percée par un clou lorsque le mât du bateau où il naviguait s’est cassé, il gardera toujours ce gant.
Port de Gravelines
Chenal de Gravelines
Familles de marins
Thomas Salomont mousse et son frère
Le voyage vers Islande – Carte de Thomas Salmomont
Baptêmes des goélettes islandaises

Goélette en Islande

Islande goélette au large

CEP de Thomas Salomont

Mature

Thomas Salomont Service militaire

Thomas Salomont devant son remorqueur
Remorqueur France
Remorqueur Dogue et Risban

Naufrage du Dyck

Naufrage de la Princesse Astrid

Salomont Thomas Portrait

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