NAUFRAGE D’UN CANOT LAMANEUR

Les lamaneurs sont souvent cités sur ce site.
Avec leurs canots, ils ont été présents sur 20 sauvetages recensés. Ils étaient aussi souvent de l’armement des canots du sauvetage institutionnalisé tout comme les pilotes par ailleurs.
C’est également la profession portuaire qui a payé le plus lourd tribut à la mangeuse d’hommes avec, heureusement 18 naufrages ou tous (ou une partie de l’équipage) ont pu être sauvés par d’autres marins (et souvent des lamaneurs).
Ce naufrage, qui heureusement, ne fit aucune victime, nous permet de comprendre les causes de ce lourd constat.
Complément d’information ici

Dunkerque 26 septembre 1898

Naufrage d’un canot lamaneur

Hier vers 11h, un événement maritime, comme il s’en produit malheureusement trop souvent, s’est déroulé à quelques mètres du port.

Heureusement pressons-nous de le dire, il n’y a aucune victime à déplorer ; les naufragés étaient tous d’excellents nageurs.

Le canot lamaneur numéro 16, patron DELMOTTE, quittait le port pour s’en aller en drogue, quand, à environ 20 mètres des estacades, afin de reposer ses rameurs et pour profiter de la brise, le patron fit hisser la voile.

Avec les vents d’amont , il y avait du clapotis, mais en somme le temps n’était pas mauvais. Donc le canot lamaneur pouvait naviguer dans de bonnes conditions.

En général, ces sortes de canots sont volages. Et le premier marin venu ne saurait, avec sécurité, les conduire et diriger à la voile. Il faut une longue expérience et avoir navigué de façon continue dans ces coquilles pour en être maître, et des accidents se produisent quand même.

Aussi, la plupart des patrons lamaneurs sont-ils de ces marins qui, dès leur tendre jeunesse, pratiquent ce dangereux métier.

Le canot numéro 16 allait prendre le large quand, soudain, une rafale plus forte s’abattit brusquement dans la grande pièce de toile rectangulaire, le patron qui avait probablement son pied engagé dans l’écoute, n’eut pas le temps de la filer ni de changer sa barre pour couper dans le vent, et l’embarcation chavira sous voile.

Du coup, les 4 hommes qui le montaient furent précipités à la mer.

La situation est critique pour ces malheureux marins, car il n’y avait pas beaucoup de chances pour qu’il leur fût apporté des secours de terre ou d’ailleurs, car on ignorait le sinistre.

Heureusement, les 4 naufragés purent à se dégager du canot, et tous, en excellents nageurs, parvinrent à atteindre les estacades.

Après avoir pris un cordial, les braves marins regagnèrent  leur domicile ou un sommeil réparateur les a complètement remis de leurs fatigues et de leurs émotions.

Quant au canot numéro 16, il a disparu.

Il doit dériver entre 2 eaux dans les environs de la rade. Des recherches sont en cours pour le découvrir.

Canot lamaneur – Maquette Musée portuaire

Source
Le Nord Maritime du 27 septembre 1898
Crédit photographique Philippe Boutelier